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Le Biplan
Bisexualité : actualité, culture et réflexions diverses
Annonces d'événements | Militantisme | 15.09.2012 - 23 h 29 | 2 COMMENTAIRES
Les événements prévus pour la Journée de la bisexualité 2012

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MISE À JOUR LE 23 SEPTEMBRE : Belle journée de la bisexualité à tou-te-s ! N’oubliez pas d’en parler autour de vous, de remplir et de diffuser le questionnaire en ligne, et, si vous voyez les équipes associatives en action, de leur parler et de les prendre en photo pour qu’on en ait des souvenirs à mettre en ligne ! J’ai ajouté un début de revue de presse dans la section « Internet », des détails sur les événements ailleurs dans le monde, ainsi qu’un communiqué de l’association bi lyonnaise France Bisexualité Info qui regrette de ne pas avoir été davantage associée aux actions de ce week-end malgré ses demandes : j’attire encore une fois l’attention sur cette toute jeune association motivée et énergique, qui relaie d’ailleurs beaucoup d’articles via son blog. Gageons que la coopération entre associations saura s’améliorer d’ici à l’an prochain.

MISE À JOUR LE 22 SEPTEMBRE (3e MàJ) : ajout dans la partie Internet : le comité ILGA Europe, branche européenne de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, a publié vendredi 21 septembre un communiqué de soutien à l’occasion de la Journée de la bisexualité. + Ajout du lieu du Pot de Bi’cause dimanche 23 (réservé aux adhérents et participants à l’enquête bi). + SOS Homophobie PACA a mis en ligne les premières photos des équipes en action avec le questionnaire bi à Marseille, sur l’événement Facebook dédié. Sur Internet, le questionnaire en ligne avait été rempli par 2000 personnes environ samedi 22 au matin : n’hésitez pas à le remplir et à le diffuser !

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La Journée de la bisexualité, le 23 septembre, approche à grands pas ! Le 23 même, mais aussi les jours précédents et suivants, divers événements sont organisés en France et dans le monde à cette occasion. Alors, qu’est-ce qui se prépare, où, comment, par qui, et comment participer ou donner un coup de main ?

Je vais tâcher de regrouper dans ce billet toutes les informations que j’aurai d’ici le 23, ce qui signifie aussi que cette page est susceptible d’être mise à jour au fil du temps. Et si vous avez eu vent de quelque chose qui n’est pas sur cette page, ce serait massivement chou de votre part de me la relayer pour que je l’ajoute !

À Paris

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi) aura lieu une action commune organisée par les associations Bi’Cause, SOS Homophobie, le MAG Jeunes LGBT et Act-Up. Un questionnaire sur la bisexualité, mis au point par ces associations, sera proposé au public dans plusieurs endroits (rues, places, centres commerciaux…) par des équipes de deux ou trois personnes. Exemples d’endroits où vous pourrez les voir en action à Paris : à Beaubourg (centre Pompidou), au Luxembourg, à la Défense, dans les marchés d’Aligre et de Place Monge. Les résultats seront ensuite dépouillés et les premiers résultats seront publiés rapidement. Pour cette action, ces associations recherchent toujours de bonnes volontés, pour s’intégrer aux équipes chargées de faire remplir le questionnaire dans les rues, ou bien pour dépouiller les résultats en fin d’après-midi

Si vous êtes intéressé-e, envoyez un mail à Bi’cause à : association_bicauseAROBASEyahoo.fr

Pour passer par le MAG, l’adresse à utiliser est administrateur04AROBASEmag-paris.fr

– Le dimanche 23 à 18h au centre LGBT Paris-Île-de-France aura lieu un pot organisé par Bi’cause destiné aux adhérents de l’association et aux personnes qui auront participé aux équipes de diffusion du questionnaire. Le lieu est encore à préciser pour le moment.

À Strasbourg

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »). Si ça vous intéresse, contactez les associations concernées via leurs sites web.

– Le groupe bi AmBIvalence, contacté, m’a indiqué qu’un événement était organisé à titre privé le 23 (MàJ : c’est sur leur agenda ici où ils expliquent pourquoi c’est organisé en privé). Je n’ai pas eu de détails, mais, si ça vous intéresse, vous pouvez les contacter via leur site web.

À Besançon

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »).

À Nantes

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »).

En Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le samedi 22 et le dimanche 23 (matin et après-midi), la délégation PACA  de SOS Homophobie souhaite également proposer au public le questionnaire sur la bisexualité (cf. ci-dessus « À Paris »). Je relaie l’appel à bonnes volontés : « Nous souhaitons mettre en place des équipes à Nice, Marseille, Aix, Avignon et Montpellier. Vous pouvez vous manifester par retour de mail en indiquant dans quelle ville vous voulez nous rejoindre. » Si vous êtes intéressé-e, envoyez un mail à sos-pacaAROBASEsos-homophobie.org ou allez sur la page Web de la délégation PACA.

À Marseille

Samedi 22 septembre, rencontre-débat « Comment lutter contre la biphobie » organisée par la délégation PACA de SOS Homophobie à partir de 19h au bar “le WAAW”, 16 rue Pastoret, Marseille 6ème. Je retransmets la suite de l’annonce : « Et toute la soirée, nous rencontrerons et présenterons l‘association SOS homophobie aux nouvelles et nouveaux. Évidemment, touTEs les militantEs et sympathisantEs seront bienvenuEs pour ce débat et cette réunion de rentrée.  » L’événement est annoncé sur le site de la délégation et a aussi une page sur Facebook pour ceux qui y sont. MàJ le 22 : la page Facebook arbore désormais quelques photos des équipes en pleine action avec le questionnaire !

Sur Internet : sites relais et revue de presse

J’ai donné ci-dessus les liens vers les sites des associations organisant des événements IRL. Il faut signaler que le site Internet de Bi’cause, après une petite panne, a changé d’adresse ces derniers jours : il se trouve désormais à l’adresse bicause.webou.net.

Sur Twitter, il y a les comptes des associations françaises, principalement le Twitter de Bi’cause, mais aussi celui de SOS homophobie et de sa délégation en PACA, celui du MAG et celui d’Act Up Paris, ou bien le hashtag général #Bisexualité. Mais ce serait bien de se mettre d’accord sur un hashtag commun propre à l’événement pour en parler, du genre #Bi2012, histoire que chacun retrouve facilement tout ce qui se dit dessus.

Le questionnaire sur la bisexualité peut être rempli en ligne sur cette page du site de SOS Homophobie, et dispose d’un blog Yagg ici. Voyez aussi le communiqué de presse interassociatif pour le lancement du questionnaire. MàJ : le samedi 22 au matin, environ 2000 personnes avaient rempli le questionnaire en ligne. L’information est aussi relayée sur divers sites, dont celui des associations LGBT de Toulouse et Sida Info Service.

Le comité ILGA Europe, branche européenne de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, a publié vendredi 21 septembre un communiqué de soutien à l’occasion de la Journée de la bisexualité.

La presse en ligne parle de la Journée de la bisexualité 2012. La presse LGBT, d’abord : « Des associations interrogent : « Pour vous, la bisexualité, c’est quoi ? » sur tetu.com (article du 20) ; « Journée de la bisexualité » sur Zagay (le 21 septembre). Mais aussi la presse généraliste : l’Indépendant du Midi évoque l’événement à Montpellier (article du 20 septembre).

Synchronisation des associations Paris-province : une organisation à parfaire. Dans un communiqué du 22 septembre, l’association bi lyonnaise France Bisexualité Info regrette de n’avoir pas été assez associée à l’enquête sur la biphobie, malgré de nombreuses prises de contact réalisées avec les associations qui l’organisent. Un couac regrettable, peut-être à mettre au compte de la constitution encore toute récente du site en association (elle a été créée en mars, j’en parlais là), qui fait qu’elle est moins connue que Bi’cause. Rappelons-le : Bi’cause n’est plus la seule association bi en France ! Il y a France Bisexualité Info à Lyon, et le groupe AmBIvalence à Strasbourg (qui a fait le choix de rester pour le moment un groupe informel de fait, sans se constituer en association). Je ne doute pas qu’une meilleure synchronisation entre les actions des associations bi et LGBT sur l’ensemble du territoire ne tardera pas à se mettre en place.

Ailleurs dans le monde

Si vous êtes hors de France ou que vous connaissez des gens qui sont hors de France à ce moment-là, sachez qu’il y a pas mal d’événements organisés un peu partout dans le monde. Le nom anglais de la Journée de la bisexualité utilisé au Royaume-Uni est le « Bi Visibility Day » (la « Journée de la visibilité bisexuelle ») ; aux États-Unis, c’est le « Celebrate Bisexuality Day » (« Journée Célébrez la bisexualité »).

Le site september23bi.org se propose de regrouper les événements organisés à cette occasion. Bon, dans les faits, c’est un site maintenu par le magazine britannique Bi Community News, et ce sont les événements britanniques qui sont le plus détaillés, mais on trouve aussi des événements dans plusieurs autres pays du monde (voyez ci-dessous). Sur les réseaux sociaux, on trouve la page Facebook correspondante Bi Visibility Day et plusieurs événements anglophones, ici ou par exemple.

Au Royaume-Uni, où la communauté bi est nombreuse et active, de très nombreux événements ont été organisés, à Salford, Edimbourg, Londres, Brighton, Birmingham, Bristol, Cardiff, Nottingham, Sheffield, Winchester, Wolverhamption et Manchester.

Au Danemark, les bi de Copenhague se sont retrouvés au siège de LGBT Danmark pour une soirée dîner-DVD autour du film allemand 3 (Tom Tykwer, Allemagne, 2010).

Aux États-Unis, des événements ont été organisés à Princeton, Boston, New York, Los Angeles, Chicago et St-Paul (Minnesota). Outre le site september23bi.org indiqué plus haut, vous trouverez des informations sur le blog de l’association BiNet USA. À Berkeley, les législateurs ont officiellement adopté le 23 septembre comme Bi Visibility Day (articles sur un blog du Los Angeles Times et sur le San Francisco Chronicle) : c’est la première ville du pays à donner une reconnaissance légale à cette journée.

En Australie, la radio Joy FM, diffusée à Melbourne, a accordé un temps d’antenne à des interviews de bi parlant de leur coming out, en association avec l’organisation Bi Alliance.

Et vous ?

Si vous êtes une association, une institution, un média, si vous tenez un blog, si vous êtes Yaggeur ou Yaggeuse, si vous avez un profil sur Facebook, Twitter, etc., qu’allez-vous faire à cette occasion ? Et même si vous n’êtes rien de tout ça, d’ailleurs ? Ça peut être l’occasion d’en parler avec des ami-e-s ou des proches, ou d’organiser une soirée DVD avec un film parlant de bisexualité, ou de faire écouter aux gens des chansons de bi, ou alors, si vous avez la flemme d’être sociable, de rester au chaud et de vous documenter sur le Web… quels sont vos projets ?

Encore une fois, n’hésitez pas à corriger et à compléter les annonces d’événements, je mettrai l’article à jour !

English trucs | Militantisme | Séries TV | 25.04.2012 - 14 h 57 | 0 COMMENTAIRES
Visi(bi)lity : un blog anglophone sur les représentations des bi dans les séries et les films

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Je vois passer pas mal de choses dans mes flux RSS et abonnements divers. Dans un monde idéal, j’aurais le temps de consacrer un article détaillé, des résumés, analyses etc.  à chacun des sites ou articles intéressants sur lesquels je tombe, mais visiblement ça n’est pas pour tout de suite. Alors je vais continuer à poster de temps en temps simplement des liens, avec un petit mot de présentation et quelques indications pour vous aider dans vos lectures. Je l’ai déjà fait plusieurs fois pour des sites en anglais (voyez ci à droite la catégorie « English trucs »). Aujourd’hui, je vous présente donc Visi(bi)lity, un blog consacré aux représentations des bi dans les médias audiovisuels et la fiction (principalement les séries TV et les films).

Visi(bi)lity est une série d’articles publiés récemment sur le site BitchMedia. BitchMedia est un webzine américain, qui sert de pendant web au magazine Bitch: Feminist Response to Pop Culture, qui paraît depuis 1996 (vous pouvez trouver plus d’informations sur eux sur le FAQ de leur site). BitchMedia a eu récemment la bonne idée de publier une série d’articles sur les bi via un blog intitulé « Visi(bi)lity », consacré aux représentations (ou non représentations) des bi dans les médias et les fictions. Ce blog est tenu par Carrie Nelson, une étudiante en media studies et militante queer (son profil sur le site est là).

Le blog a démarré début mars 2012 par un article intitulé : « Visi(bi)lity: Deconstructing Images of Bisexuality in the Media ». Il commence à y avoir pas mal d’articles, mais on peut accéder à tous facilement en passant par la catégorie « bisexual visibility ». Les articles ne sont pas nécessairement très longs, mais ils contiennent toujours une bonne dose de réflexion sur les stéréotypes et les représentations associés aux bi. L’auteure, cinéphile et passionnée de séries, s’intéresse surtout aux médias audiovisuels, mais évoque aussi un ou deux livres de temps en temps. Le niveau d’ensemble est impressionnant, et les billets sont publiés avec une régularité encore plus impressionnante. En termes de niveau de langue, ça n’est pas particulièrement ardu à lire (en dehors des notions de base LGBT en anglais, il n’y a pas vraiment de vocabulaire technique ou de tournures familières à tous les coins de phrase).

Je vous présente ci-dessous une sorte d’index des billets qu’elle a publiés jusqu’à présent, pour vous permettre de naviguer plus facilement vers les sujets qui vous intéresseront :

6 mars 2012 : Visi(bi)lity: Deconstructing Images of Bisexuality in the Media. Principe du blog et réflexion générale sur l’invisibilisation des bi et les stéréotypes qui leur sont attachés quand on les représente.

7 mars 2012 : Visi(bi)lity: Bi the Way and the Realities of Bisexuality. Sur le documentaire américain Bi the Way consacré aux bi : pas mal, mais maladroit et insuffisant selon Carrie Nelson.

8 mars 2012 : Visi(bi)lity: Cynthia Nixon and the Politics of Labels. Sur les propos de l’actrice américaine Cynthia Nixon à propos de sa bisexualité ou non.

13 mars 2012 : Visi(bi)lity : Biphobia Bingo ! A Look at Basic Instinct. Sur les représentations associées à la bisexualité dans le film Basic Instinct, dont la Grande Méchante est présentée comme bi.

14 mars 2012 : Visi(bi)lity: In Praise of Callie Torres. Sur un bon personnage de bi à la télé américaine : Callie Torres dans la série Grey’s Anatomy.

15 mars 2012 : Visi(bi)lity: America’s Next Top Bi Icon: Introducing Laura LaFrate. Sur Laura LaFrate, personnalité de l’émission de télé réalité américaine America’s Next Top Model, qui s’identifie comme bi.

20 mars 2012 : Visi(bi)lity: Glee‘s Problem With Bisexual Men. Sur la représentation de la bisexualité masculine dans la série américaine Glee.

21 mars 2012 : Visi(bi)lity: Isn’t It Bromantic ? Sur la représentation hétérocentriste des amitiés masculines à partir d’une critique du film Humpday, exemple d’histoire basée sur une « bromance » *.

22 mars 2012 : Visi(bi)lity: « A 51st Century Guy »: A Few Words on Jack Harkness À propos de Jack Harkness, personnage récurrent de deux séries de SF britanniques : Doctor Who, pilier de la BBC destiné à un public familial, et (surtout) Torchwood, la seconde étant un spin-off plus hardcore destiné davantage à un public ado-adulte.

27 mars 2012 : Visi(bi)lity: Bisexuality as Rebellion: Sexualizing Women’s Friendship. Sur la représentation de relations sexuelles entre femmes dans la fiction comme moyen d’exprimer la rébellion des personnages contre l’ordre établi.

28 mars 2012 : Visi(bi)lity: A Tale of Two Alexes: Bi Coming-of-Age Narratives. Sur les histoires de personnages féminins bi dans les séries The O.C. et Degrassi: The Next Generation.

29 mars 2012 : Visi(bi)lity: Post-Bi ? What Skins Can Teach Us About Labels. Réflexion sur le besoin (ou non) de catégories et d’étiquettes (gay, hétéro, bi, etc.) à partir de la représentation de la sexualité dans la série britannique Skins.

3 avril 2012 : Visi(bi)lity: Performing Bisexuality. À propos des chansons pop du type « I Kissed A Girl » de Kate Perry etc. qui représentent les stars comme bi… très physiquement pratiquantes.

5 avril 2012 : Visi(bi)lity: Insivi(bi)lity in the Culture Wars. Sur des propos du pasteur Ted Haggard – généralement opposé aux droits des homos – au sujet des bi.

6 avril 2012 : Vis(bi)lity : How the Savage U Premiere Barely Exceeded My Extremely Low Expectations. Sur le traitement de la bisexualité dans une émission de Dan Savage (un journaliste américain gay qui parle souvent de sujets en lien avec les sexualités).

10 avril 2012 : Visi(bi)lity : John Irving Tackles Biphobia in New Novel. Comme le dit le titre : un nouveau roman de John Irving dans lequel il aborde la bisexualité et la biphobie avec un degré de nuance bienvenu.

11 avril 2012 : Visi(bi)lity : Queer as Folk Broke My Heart. Sur le personnage de Lindsay Peterson dans la série américaine Queer as Folk et les stéréotypes négatifs associés à la bisexualité dans cette série.

13 avril 2012 : Visi(bi)lity : The L World‘s Messy Exploration of Straight Privilege. Sur la représentation de la bisexualité dans la série The L World.

17 avril 2012 : Visi(bi)lity : Finding Realism in Rose By Any Other Name. Sur la websérie Rose By Any Other Name, dont le personnage principal est une femme qui s’identifie comme lesbienne avant de se découvrir bi lorsqu’elle tombe amoureuse d’un homme.

18 avril 2012 : Visi(bi)lity: How Bideology Battles Biphobia. Sur la série de documentaire Bideology qui s’intéresse aux relations entre bi et entre femmes hétéro et hommes bi.

19 avril 2012 : Visi(bi)lity: Is Social Media the Final Visi(bi)lity Frontier ? Sur le rôle positif que peuvent jouer les réseaux et médias sociaux du type Tumblr en faveur de la visibilité des bi et du combat contre la biphobie.

24 avril 2012 : Visi(bi)lity : Toward a Visible Movement. Constat alarmant sur le fait que les organisations bi manquent de financements, et appel à les aider. J’ajoute que ça vaut aussi pour la France !

Le blog est toujours actif : il n’a pas de page propre, mais vous pouvez le suivre par flux RSS en vous abonnant au flux général des articles de BitchMedia, ou en retournant voir le site ou la catégorie « bisexual visibility » régulièrement.

Voilà, j’espère que ce petit guide de lecture vous sera utile !

* Bromance : mot anglais moche formé à partir de « romance » et « brothers » et désignant une relation de grande proximité entre deux amis (hommes) intimes, mais sans rien de sexuel.

Militantisme | Réflexions de fond | 20.12.2011 - 16 h 39 | 32 COMMENTAIRES
Pourquoi une communauté bi est nécessaire

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Dans d’autres pays, en particulier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, il existe des communautés bisexuelles déjà bien structurées et bien visibles. C’est le résultat d’un mouvement récent, qui n’a pris son essor que dans les années 1980-1990. En France, ce mouvement en est encore à ses débuts. La première association bisexuelle, Bi’cause, a été créée en 1997 mais existait déjà de fait depuis 1995 sous le nom de « Groupe bi ». La Journée internationale de la bisexualité, créée en 1999 par des militants bi américains, est célébrée en France depuis 2009, de façon encore modeste. Bref, à côté des fortes communautés gay et lesbienne, la communauté bi ne fait encore qu’émerger.

Les bisexuels eux-mêmes (du moins beaucoup de ceux que j’ai eu l’occasion d’écouter ou de lire) ne semblent pas toujours très optimistes sur l’avenir d’un mouvement bi. Tout se passe comme s’il fallait se contenter d’essayer de vivre heureux en vivant cachés, ou en tout cas sans remuer beaucoup. Et pourtant les bi ont visiblement besoin d’une communauté à eux, d’un mouvement qui porterait leurs propres intérêts, au dehors et au sein d’une communauté LGBT dont ils partagent en partie les combats, mais où il est nécessaire de faire entendre une voix distincte. Mais pourquoi ? Plusieurs raisons me font penser cela.

1. Parce que la bisexualité et les bisexuels sont encore invisibles. De nos jours, l’homosexualité tend à prendre sa place parmi les perspectives de vie « normales » que les jeunes gens ont en tête pour élaborer leur identité et imaginer leurs avenirs possibles. Même s’il reste encore du travail, les jeunes générations tendent à intégrer le fait que, lorsqu’on est un garçon, on n’est pas tenu de s’intéresser aux filles, et, lorsqu’on est une fille, de s’intéresser aux garçons. La culture dominante reste hétérosexuelle, mais on sait qu’on peut être homo, que ça n’est pas une maladie, ni une tare, ni un défaut, que c’est possible, même si ça n’est pas encore vu comme aussi normal qu’on pourrait l’espérer. La bisexualité, en revanche, c’est autre chose. En raison même de la catégorisation de la sexualité en orientations sexuelles binaires et nettement tranchées (l’hétérosexualité étant le désir exclusif pour les personnes du sexe opposé et l’homosexualité le désir tout aussi exclusif pour les personnes du même sexe), tout entre-deux possible tend à être effacé.

J’irai même jusqu’à dire qu’il est peut-être plus difficile d’être bisexuel (et de se concevoir comme tel) de nos jours qu’il y a un siècle ou deux, aux époques où il n’y avait pas d’identités essentialistes mais simplement des pratiques. L’époque présente est, en matière de sexualité, une dictature des cases : il y a deux grandes catégories, pratiquement assimilables à deux camps ou à deux mondes bien soigneusement distingués, où chacun est sommé de se ranger une fois pour toutes, en fonction d’une sorte de révélation mystique consécutive à une découverte de la sexualité qui engage la personne tout entière. Ce n’est plus « je suis un garçon et j’aime sortir avec des garçons », c’est « je suis homosexuel ». On ne devient pas homo ou hétéro, on le naît, ou alors cela se révèle à vous une fois pour toute. C’est une sorte de vérité intime et indéboulonnable, qui vous engage tout entier, et qui, pour un peu, autoriserait à vous lire tout entier (physique, goûts, idées, vision du monde) en fonction de ce que vous faites au lit. Étrange époque !

Ce classement bien lisse et bien tranché arrange tout le monde, au fond. Les hétéros sont rassurés : les homos ne sont décidément pas comme nous, ils ont leur univers qui a le droit d’exister mais seulement d’exister à part du nôtre, séparé bien qu’égal… Quant aux homos, une bonne partie de leur culture, qui est une contre-culture, s’est construite sur l’exagération de cette différence et sur l’élaboration de valeurs en rupture volontaire avec celles de la culture dominante. Voici donc distinguées les deux forces en présence : à ma droite le camp hétérosexuel, à ma gauche le camp homosexuel. C’est simple, quasi manichéen, et indécrottablement naïf à côté de la complexité des sentiments et des attirances que chacun expérimente dans la réalité, mais qu’il est indispensable, pour la paix sociale, de sangler dans un ordre simpliste.

Arrive quelqu’un qui se découvre une attirance pour les deux sexes. Il ne rentre nulle part. Chaque camp le somme de choisir le sien. Il hésite. Il n’y arrive pas. Il ne se reconnaît nulle part. On fronce les sourcils sur lui, on l’accuse de refoulement, de lâcheté, de traîtrise, de double-jeu. A vrai dire, à moins qu’il ait de la chance, on ne lui dira pas : « tu es bi », mais : « tu es bizarre, choisis donc ! » Mais le problème commence à se poser bien avant. Autant quelqu’un qui se découvre des attirances pour le même sexe saura de nos jours s’orienter sans trop de problèmes vers la communauté homosexuelle, autant quelqu’un qui (à l’adolescence ou bien plus tard) se découvre attiré par les deux sexes court tous les risques de n’avoir jamais entendu parler de bisexualité avant d’en faire l’expérience. Même les livres ou les fims où il est, de facto, question de bisexualité, n’emploient pas ce terme et ne sont pas évoqués en ces termes (sauf par les bi eux-mêmes). Un personnage qui, dans une intrigue quelconque, tombe amoureux et/ou fait l’amour tour à tour avec quelqu’un du sexe opposé et quelqu’un du même sexe est tout simplement conçu comme un personnage « hétéro qui devient gay », malgré le paradoxe criant d’une pareille affirmation. Tout est ramené à une binarité hétéro/homo ou interprété dans ces termes, même lorsque le discours qui en résulte est une absurdité complète. Rien d’étonnant, alors, que les bisexuels aient plus de mal que les homosexuels à reconnaître ce qu’ils sont, à savoir où se situer !

Non seulement il est important d’informer les gens que la bisexualité existe, qu’elle est possible et qu’elle n’est pas plus anormale que l’hétéro- ou l’homosexualité, mais il est important que les bisexuels soient visibles et puissent être visibles sans rien avoir à craindre, ni en dehors ni à l’intérieur de la communauté LGBT. Car il faut bien voir qu’au sein de la communauté LGBT, l’affirmation de l’homosexualité est en position dominante, tout comme l’affirmation de l’hétérosexualité l’est en dehors de la communauté. Et tant que les bisexuels ne donneront pas de la voix, les personnes qui se découvrent bi continueront à ne pas oser s’identifier (ou s’identifier ouvertement) comme tels.

2. Parce que la biphobie existe. Le « groupe bi » formé en 1995, précurseur de l’association Bi’cause, a été créé par des femmes bisexuelles qui en avaient assez d’être en butte à l’hostilité des lesbiennes dans les associations où elles se réunissaient auparavant (cette période des premières années de Bi’cause est détaillée par Catherine Deschamps dans son livre Le Miroir bisexuel, paru chez Balland en 2002 – un ouvrage passionnant dont j’aurai sûrement l’occasion de reparler ici). Comment expliquer la biphobie ? C’est une question complexe, qui mériterait un billet à part entière. Je me contente ici de cet exemple comme preuve qu’il existe bel et bien une forme de discrimination ciblant spécifiquement les personnes bisexuelles, et que cette discrimination peut être exercée non seulement dans les milieux (supposés) hétérosexuels mais aussi dans la communauté LGBT elle-même.

Sans avoir été confronté moi-même à une biphobie ouverte, j’ai plusieurs fois, en discutant au sein d’associations LGBT, constaté une certaine méfiance envers les bi de la part de gays et de lesbiennes. Si les imbéciles existent, il faut aussi faire la part des choses : cette méfiance est engendrée en partie par la méconnaissance de la bisexualité. L’ignorance étant un terrain propice aux préjugés hostiles, surtout lorsque la paresse intellectuelle et les raccourcis hâtifs s’en mêlent, c’est là encore une preuve qu’il est indispensable que les bi s’expriment et se fassent connaître. Et montrent aussi, certes, qu’il n’est pas tolérable de dire n’importe quoi à leur sujet.

3. Parce qu’il y a un mal-être (ou des mal-êtres) bi qui rendent nécessaires des espaces de discussion proprement bi. Des bi qui se sentent mal, il y en a beaucoup. Je ne sais pas si c’est connu (je pense que non, ou alors pas assez). Mais il y en a beaucoup. Deux preuves à l’appui de ça.La première, on la lit encore une fois dans Le Miroir bisexuel à propos des débuts de l’association Bi’cause. Catherine Deschamps observe à ce sujet p. 129 :

Les fondatrices avaient incontestablement sous-évalué l’incidence du mal-être de certains participants sur les activités du groupe. Alors qu’elles pensaient leur action avant tout en termes de visibilité offensive et de politique, les « souffrants » sont venus réclamer une aide sociale : avant d’envisager toute action d’affirmation, il fallait apporter un soutien, entourer et rassurer.

Personnellement, j’ai connu Bi’cause après la période des observations réalisées par Catherine Deschamps, et je ne me suis rendu pour le moment qu’à quelques réunions à intervalles très espacés ; mais c’était suffisant pour me rendre compte qu’il est toujours vrai que beaucoup de gens viennent aux réunion de Bi’cause (en particulier les réunions « Bi’envenue », spécialement consacrées aux nouveaux arrivants) non pas pour militer, mais d’abord pour bénéficier d’un espace de discussion. Autrement dit, pour être écoutés et pouvoir discuter avec d’autres bi, des gens à qui il est arrivé le même genre de choses, qui ont connu le même genre de situations et de problèmes.

La deuxième preuve, ce sont les multiples messages postés sur le forum du site Bisexualite.info (indépendant de Bi’cause), que je lis depuis plusieurs années. Beaucoup de gens viennent parler parce qu’ils sont dans une situation qui ne correspond à rien – ni hétéros, ni homos -, et qu’ils ont besoin d’en parler ailleurs que sur des forums gays. Plus encore, ils ont besoin de se situer. Certes, tous ne deviendront pas des militants bi avec drapeau, réunions, etc. Mais ils ont besoin d’un mot, d’une identité, qui puisse leur donner une idée de ce qu’ils sont et leur permettre d’en parler. Sur le plan psychologique, sans être un expert en la matière (loin de là), mais pour être passé par là moi-même et pour avoir lu ensuite de nombreux témoignages similaires, c’est une grande source de mal-être que de se découvrir une double attirance dans un contexte où l’on est sommé d’être soit hétéro, soit homo.

En dehors de ces situations de découverte de la bisexualité (qui peuvent arriver visiblement à tout âge de la vie, y compris passé la cinquantaine, à en juger par la grande diversité des gens qui viennent s’exprimer sur le forum), il y a aussi les nombreux problèmes liés au couple, et qui, s’ils brassent des enjeux de fidélité et de dialogue similaires à ceux que peut rencontrer n’importe quel couple (de même sexe ou de sexes différents), ne se posent pas dans les mêmes termes pour des personnes bisexuelles.

Enfin, il ne faut pas négliger non plus les témoignages de compagnons ou de compagnes de personnes bisexuelles, qui, sans être bi eux-mêmes, viennent tenter de comprendre, d’accompagner, en devant surmonter pour cela leurs inquiétudes et parfois leur méfiance envers leur partenaire.

Les réunions de Bi’cause comme le forum de Bisexualite.info se retrouvent donc investis de fonctions quasiment thérapeutiques. Les gens de Bi’cause ont même dû (toujours à lire Catherine Deschamps) rechercher des intervenants extérieurs qualifiés afin de répondre à ce besoin d’écoute et d’assistance psychologique. Ce n’est pas le cas lors de toutes les réunions, et ce n’est pas du tout le cas sur le forum… mais si ça fonctionne, c’est parce que, dans de tels espaces, les bi peuvent enfin parler ouvertement de leurs problèmes autrement que dans une grille de lecture homo/hétéro qui n’en prend pas en compte les besoins spécifiques. Ce qui m’amène à mon dernier point :

4. Parce qu’être bisexuel, ce n’est pas « juste » être « à la fois homo et hétéro ». Certains bi vous diront le contraire : ils se sentent tantôt « en mode homo », tantôt « en mode hétéro ». Sauf que les mêmes conviendront volontiers qu’ils éprouvent une attirance constante pour les deux sexes, même s’il y a souvent des préférences et des fluctuations à l’intérieur de cette double orientation générale. Or dire « à la fois homo et hétéro », ça ne veut rien dire. L’hétérosexualité et l’homosexualité se sont définies et bâties par exclusion l’une de l’autre, en opposition l’une à l’autre. Et, même en mettant de côté toute la part de conflit culturel dont j’ai parlé plus haut (ce besoin, tant chez les hétéros que chez les homos, d’une opposition bien nette et bien tranchée, mais qui s’avère artificielle), il y a le fait indéniable qu’il existe vraiment des personnes qui ne s’intéressent qu’à l’un des deux sexes et n’ont pas moyen de prendre du plaisir avec l’autre*. Mais lorsqu’on est attiré par les deux, on ne peut pas se définir en additionnant deux catégories mutuellement exclusives. Lorsqu’on est ambidextre, on n’est pas « à la fois droitier et gaucher ». Lorsqu’on est métis, on n’est pas « à la fois noir et blanc »…

À bien des égards, la situation des personnes bisexuelles est unique et ne peut absolument pas être ramenée aux problèmes des hétéros ou des homos. Elle appelle à ce titre une identité et une culture communautaire qui ne peuvent pas reprendre les mêmes thèmes (par exemple, il y a dans les communautés gay et lesbienne des plaisanteries récurrentes sur les gens de l’autre sexe dans lesquelles, en tant que bi, je ne me reconnais absolument pas : je suis un homme et j’apprécie les corps d’hommes, mais je me sens assez étranger par exemple aux blagues de certains gays sur l’étrangeté ou la laideur du corps féminin… plus généralement, il y a toute une part de non-mixité dans les communautés gay et lesbienne qui ne correspond pas – pour en avoir discuté avec d’autres bi – à ce qu’un bi peut attendre comme type de sociabilité).

Soyons clairs : il va de soi que les combats des bi sont à pas mal de titres les mêmes que ceux des homosexuels, tant sur le mariage que sur l’adoption ou l’accès au don du sang. Mais il est important qu’une identité proprement bi puisse s’affirmer et être reconnue comme distincte. Sans cela, les problèmes propres aux bi ne seront jamais pris en compte, avec tout le mal-être et les conséquences regrettables que cela ne manque pas d’entraîner.

En un mot : bi, exprimez-vous, faites-vous connaître, faites-vous entendre, tout le monde en a besoin ! 🙂

* L’affirmation selon laquelle « en fait tout le monde est bisexuel » est à cet égard, à mon avis, un mythe, un pur artifice de la rhétorique bisexuelle naissante : mais ce n’est pas parce qu’on a besoin de s’affirmer qu’il faut tomber dans des excès pareils !