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Le Biplan
Bisexualité : actualité, culture et réflexions diverses
Actualités | Militantisme | 18.09.2013 - 15 h 08 | 0 COMMENTAIRES
Journée de la bisexualité en France : le programme

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BanniereJourneeBisexualiteAvecURL-NyalaAprès les premières informations données dans les billets précédents, voici mon traditionnel billet annuel regroupant tout ce que je sais sur les événements prévus à l’occasion de la Journée de la bisexualité 2013, qui aura lieu lundi prochain 23 septembre. Comme d’habitude, n’hésitez pas à me contacter (par commentaire à ce billet ou par mail à silvius-biplan AT hotmail.fr) si vous souhaitez compléter ou corriger ces informations. Ce billet sera régulièrement édité jusqu’au 23 (voire après s’il y a des événements les jours suivants), alors gardez un œil dessus !

EDIT le 21 à 12h40 pour le détail des événements prévus à Aix par le Collectif aixois pour l’égalité. Ça fait vraiment plaisir de voir de plus en plus de choses s’organiser un peu partout !

À Paris

À Paris, l’association Bi’cause organise une soirée-débat (une Bi’causerie) au Centre LGBT Paris-Île-de-France le lundi 23, de 20h à environ 23h. Le Centre LGBT Paris se trouve au 61-63 rue Beaubourg, dans le 3e arrondissement (plus d’informations sur le site du Centre avec les infos pratiques et l’annonce de la soirée). Si vous arrivez après 20h, sonnez pour qu’on vous ouvre ! La soirée de cette année se focalisera sur le contact entre les différentes associations et gens importants de la communauté bi à Paris et en province : elle prendra la forme d’une vidéoconférence qui vous permettra de découvrir (ou de redécouvrir) et d’entendre des représentants des différentes associations bi du pays ainsi que d’associations LGBT+++ « généralistes » qui donnent aussi la parole aux bi en leur sein. Voici une liste provisoire des intervenants :

La vidéoconférence sera suivie d’un pot convivial. Si vous pensez rester pour le pot, ça peut être bien de prévenir Bi’cause à l’avance en leur envoyant un mail à association_bicause AT yahoo.fr afin qu’ils sachent à peu près quelle quantité de victuailles prévoir !

À Strasbourg

L’association des Bi’Loulous/-ves (association des bi de l’Est) organise à Strasbourg non pas un mais six événements qui formeront une semaine de la bisexualité et de la pansexualité du 23 au 28 septembre 2013. Voici le programme définitif :

  1. Lundi 23, 20h-23h, La Station: vidéoconférence sur le thème de la bisexualité
  2. Mardi 24, 19h30-22h, La Station : projection d’un film.
  3. Mercredi 25, 16h-19h, La Station : mercredi des Jeunes, édition bisexuelle et pansexuelle avec jeux de société
  4. Jeudi 26, 19h30-22h, La Station : un petit tour de la littérature bi et pan avec apéro participatif
  5. Vendredi 27, 19h30-21h30, La Station : la situation des LGBTI en Europe par Bastiaan Winkel, Administrateur au Conseil de l’Europe
  6. Samedi 28, 16h-19h, La Station : Atelier bricolage aux couleurs.

La Station est le Cente LGBTI de Strasbourg et d’Alsace. Il se trouve au 7 rue des écrivains à Strasbourg. Pour y aller, voyez les informations pratiques sur son site.

Vous pouvez aussi vous tenir au courant sur le site des Bi’Loulous/-ves et sur leur forum (ou encore sur Facebook ou Twitter).

À Aix-en-Provence

La vidéoconférence réunissant de nombreux acteurs du militantisme bi ou bi-allié sera aussi projetée par le Collectif aixois pour l’égalité. Edit le 21 à 12h40 : le Collectif a annoncé les détails sur son site, les voici donc. L’événement est appelé la « Première journée aixoise de la bisexualité » et voit coopérer le Collectif aixois pour l’égalité, Bi’cause, SOS Homophobie et la LMDE. Il y aura donc :

  • De 15h30 à 17h30 : un stand collectif sur le Cours Mirabeau.
  • De 18h15 à 20h30 : une projection de film sur la bisexualité (titre encore à préciser) dans la Salle Culturelle de la Cité Universitaire de l’Estelan, 4-6 boulevard du Maréchal Leclerc (infos pratiques pour y aller sur le site du Collectif).
  • De 20h à 20h30 : une intervention de Bi’cause en visioconférence, puis une présentation de l’enquête nationale sur la bisexualité (même lieu).

Réservez donc votre fin d’après-midi et votre début de soirée ! Et en cas de besoin, n’hésitez pas à passer par le formulaire de contact de leur site pour leur demander des précisions.

À Avignon

Le webmestre du site et forum Bisexualite.info propose d’aider les gens du lieu à assister à la vidéoconférence des militants bi à laquelle il participera le 23 au soir. Si vous êtes intéressé-e, vous pouvez le contacter par courriel à webmaster AT bisexualite.info.

Vous organisez un événement (ou vous avez entendu parler de quelque chose) qui n’est pas annoncé ci-dessus ?

Contactez-moi par commentaire à ce billet ou par courriel à silvius-biplan AT hotmail.fr pour que j’ajoute l’événement manquant à la liste !

Partez pas ! Appel à témoignages : à quoi a ressemblé votre journée de la bisexualité ?

J’ai quelques idées de billets à poster dans les prochaines semaines après le 23 afin de rendre le blog plus actif. Mais une chose qui serait bien, ce serait que vous m’envoyez, par commentaire ou par courriel (silvius-biplan AT hotmail.fr), vos témoignages sur ce qu’aura été pour vous cette journée de la bisexualité 2013, que vous ayez ou non assisté à l’un des événements prévus ci-dessus. Ça n’a pas besoin d’être long, vous n’avez pas besoin de donner votre vrai nom (un pseudo suffit amplement), l’essentiel est pour moi de donner la parole à des bi sur ce blog à l’occasion de cette journée !

Actualités | Annonces d'événements | 12.09.2013 - 23 h 59 | 0 COMMENTAIRES
Journée bi dans l’Est : Bi’loulous élabore une « semaine sur la bisexualité et la pansexualité »

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Logo-BiloulousUne nouvelle actualité rapide à propos de la Journée de la bisexualité 2013 : l’association des Bi’loulous (lien vers leur site), destinée aux bi de l’Est et basée à Strasbourg, est en train d’élaborer une semaine d’événements sur la bisexualité et la pansexualité. Si cela vous intéresse de venir, vous pouvez même participer à l’élaboration du programme via cette discussion sur le forum de l’association. Outre le forum, je pense qu’ils apprécieront aussi vos idées par courriel (assobiloulous AROBASE gmail.com) ou via leur page Facebook ou leur compte Twitter. Je vous tiendrai au courant du programme définitif lorsqu’il sera établi !

L’association appelle aussi les gens inscrits sur Twitter à relayer les actualités concernant la journée de la bisexualité via les hashtags #BiVisibilityDay et #bisexual.

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Actualités | 08.09.2013 - 23 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Des blogs d’hommes proféministes contre le patriarcat ? Présents !

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À force de subir presque quotidiennement la chronique des dernières imbécillités proférées ou effectuées par les franges réactionnaires, qu’il s’agisse de la manif trompeusement autoproclamée pour tous, des « Homen » ou des « masculinistes » que la simple pensée de l’égalité des sexes fait grimper au plafond (et aux grues), on en aurait fini par désespérer de l’existence de mouvements d’hommes moins stupides, qui soient proféministes, opposés à la virilité passéiste dite traditionnelle et à la persistance de ce cadeau empoisonné de l’Histoire qu’est le patriarcat.

À titre individuel, je ne doutais pas une seconde de l’existence de pareils hommes progressistes, pas seulement parce que j’espère en être un mais aussi parce que j’en connais plusieurs autour de moi, qui font avancer les choses dans la bonne direction, chacun à leur façon, certains en toute connaissance de cause à l’issue de lectures de livres et de sites féministes, d’autres presque inconsciemment, en considérant comme des évidences ou comme des améliorations normales des choses que d’autres s’obstinent encore à tenter de faire passer pour les signes que la Fin est proche (dong, dong).

J’ai même caressé pendant longtemps l’envie de consacrer un billet au sujet, voire d’ouvrir un autre blog, de lancer un mouvement, de faire quelque chose. Mais j’ai déjà plusieurs causes à défendre que je n’arrive à défendre que de façon assez brinquebalante (à en juger par la fréquence de mes billets ici, ce n’est pas pour rien que ce blog s’appelle « le Biplan » et non « la Fusée »). Bref, je n’avais pas encore trouvé le temps, l’énergie et la bonne idée pour contribuer sur le sujet, en dehors de quelques liens vers des sites féministes que le changement d’apparence de Yagg s’est empressé de squouizer en même temps que toute la page de liens et la page « À propos » de ce blog (bravo pour la technique, grmbl).

Mais cette fois, ça y est, je tiens le prétexte, je vais pouvoir parler de tout ça ici ! (Je reparlerai de bisexualité dans les futurs billets, promis.) Bref, je suis tombé, via la page Facebook Ansexisme – Sexisme et sciences humaines – féminisme, sur un lien vers un réseau de blogs intitulé « Ne plus être un homme ». Il ne s’agit pas de transition vers un autre sexe, mais de refus de la masculinité et de la virilité traditionnelles. Le titre est même une référence au livre d’un féministe radical américain nommé John Stoltenberg (lien vers Wikipédia), Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité, traduit aux éditions Syllepse en 2013. Oui, la traduction est toute récente, mais le livre a été publié au départ (sous le titre Refusing To Be a Man: Essays on Sex and Justice) en… 1989. Bon, après tout, même Judith Butler n’est arrivée sous nos latitudes qu’avec un certain retard, alors, autant ne pas râler et remercier surtout les gens qui traduisent ces livres. Je n’ai pas lu le livre en question mais j’y jetterai un œil à la première occasion.

Ce réseau de blogs « Ne plus être un homme », donc, arbore d’entrée de jeu une « mise en garde » indiquant : CE SITE SERA UN BLOG FAIT DE BLOGS : PROFEMINISTES – ANTIPATRIARCAUX ET ANTIMASCULINISTES ou ne sera pas 🙂 ». Difficile de ne pas s’y intéresser après ça !

Il regroupe pour le moment des liens vers une demi-douzaine de blogs tenus par des hommes proféministes et antivirilité. La plupart sont très récents, ils sont actifs depuis juillet tout au plus et beaucoup ne comptent que quelques billets. Mais ils offrent déjà une variété de sujets et de points de vue intéressante, et j’espère qu’ils continueront à se développer et seront rejoints par d’autres au fil du temps. Lecteurs masculins, si vous avez des choses à dire sur le sujet depuis longtemps, c’est peut-être le moment de vous lancer ! Et si vous en dites déjà, autant contacter le site pour leur demander d’ajouter un lien vers votre blog.

À lire donc, entre autres, sur les blogs de ce réseau flambant neuf :

– Le projet de tract du blog « Égalitariste », destiné à faire prendre conscience aux hommes des stéréotypes et des réflexes patriarcaux qu’ils ont absorbé inconsciemment au fil de leur éducation, afin de les inciter à changer les choses ;

– Les « Scènes de l’avis quotidien », davantage orienté vers le débat politique avec par exemple des réflexions sur le sexisme de la gauche radicale ;

« Un blog pas viril » qui relaie des avis de lectures et des liens contre la virilité machiste ;

– Et « Morose », qui, après une entrée en matière prometteuse, a notamment diffusé des traductions de tracts anglais pour éviter les violences sexuelles et a récemment relayé l’appel contre l’incitation au viol sur Internet, ce qui tombe très bien parce que je comptais en dire un mot dans ce billet (le sien est très bien fait, je ne peux donc que vous conseiller d’aller lire !).

Je ne peux que souhaiter une longue vie à ce réseau et  ces blogs, et j’espère bien avoir l’occasion de redire un mot sur ces sujets ici. La virilité passéiste n’est plus la tradition (si tant est qu’elle ait pu prétendre l’être), le patriarcat n’en a plus pour longtemps, le machisme est inexcusable, le sexisme est à pourfendre, une autre masculinité est possible, et ça commence maintenant.

EDIT : Attendez ! J’ai remis la main sur les liens vers les sites et blogs féministes qui figuraient auparavant sur la page de liens (ouf). Les revoici, du coup :

Actualités | 04.09.2013 - 11 h 06 | 0 COMMENTAIRES
Activités de l’association Bi’cause en septembre 2013

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LogoBicausePetitVoici les rendez-vous que vous propose l’association bisexuelle parisienne Bi’cause pour ce mois de septembre 2013 :

Lundi 9 septembre : bi’causerie avec l’écrivaine Cy Jung

Comme tout le monde, Bi’Cause fait sa rentrée et nous commençons avec l’écrivaine Cy Jung.
09/09/2013- 20H- Bi’Causerie au Centre LGBT avec l’écrivaine Cy JUNG – entrée libre
Le 9 septembre, pour la Bi’Causerie de rentrée, nous invitons l’écrivaine Cy JUNG, dans un lieu qu’elle connaît bien, car elle est une habituée du Centre LGBT Paris-Île de France et y participe à de nombreuses initiatives et programmations.
Écrit-elle des romans lesbiens ou contribue-t-elle à la littérature ? Ces termes définissent-ils sa place et son œuvre ? Quelle place le désir occupe-t-il dans l’histoire qu’elle raconte dans chacun de ses livres ? Quel lien fait-elle avec le contexte social, politique, avec les luttes LGBT ? Comment y fait-elle entendre sa « petite musique » et y développe-t-elle sa « radicalité » ?
Nous lui demanderons aussi sa lecture de la bisexualité.
Et vous verrez, le temps passera trop vite, tant le moment passé avec elle est passionnant.
Alors… à lundi 9 !
Le site de Cy Jung : http://www.cyjung.com/

Bi’amicalement
L’équipe de Bi’Cause
Au Centre LGBT, 61-63 rue Beaubourg, 75003 Paris
Après 20 h, sonnez. Entrée libre.

Métro : Arts et Métiers, Rambuteau, RER Châtelet – Les Halles Bus 38, 47, arrêt Grenier Saint-Lazare – Quartier de l’Horloge Vélib’ stations n° 3010 et n° 3014

Une Bi’causerie est une rencontre organisée par l’association Bi’Cause, autour d’un thème relevant de la « culture bi » : arts, littérature, société… avec la participation d’une personnalité ou d’une association invitée.

Le 2e et le 4e lundi du mois, la Bi’causerie est ouverte aux adhérents, sympathisants, bi friendly, à tous ceux qui s’intéressent à l’univers de la bisexualité.

 

Lundi 23 septembre : bi’causerie à l’occasion de la Journée internationale de la bisexualité

Bi’cause organisera une Bi’causerie (réunion-débat) à l’occasion de la journée. Elle aura lieu le soir à 20h au Centre LGBT Paris-Île-de-France, au 61-63 rue Beaubourg, dans le 3e arrondissement (voyez le site du Centre pour les informations pratiques). La réunion devrait durer jusqu’à 22h environ (mais on part quand on veut). Si vous arrivez après 20h, sonnez pour qu’on vous ouvre ! Plus de détails à venir.

Pour celles et ceux d’entre vous qui suivaient Bi’cause sur Facebook : la page de l’association avait été supprimée pour des raisons encore inconnues. Elle a été recréée et vous pouvez désormais la suivre à cette adresse : https://www.facebook.com/pages/BiCause/555869587794858 (L’adresse de la page devrait pouvoir être de nouveau simplifiée lorsque suffisamment de gens « l’aimeront ».)

Actualités | English trucs | Militantisme | 28.08.2013 - 13 h 45 | 3 COMMENTAIRES
Quelques actualités bi

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Cela fait un moment que je n’ai pas relayé quelques actualités des communautés bi dans le monde, en particulier les communautés américaine ou britannique (dans ma catégorie « English trucs »), alors voici quelques infos rapides, puisque je ne les croise pas dans les médias LGBT français :

La pudibonderie d’Apple, énième épisode

Il y a un peu plus d’un mois, fin juillet 2013, les membres d’un projet pédagogique portant sur l’histoire des LGBT ont lancé sur la plate-forme d’applications d’Apple une application pédagogique pour smartphones appelée Quist. Le 12 août, l’une des développeuses de l’application, Sarah Prager, était occupée à mettre à jour le descriptif de l’application sur la plate-forme iTunes Connect lorsqu’elle a vu s’afficher un message d’avertissement indiquant que le mot « bisexuality » n’était pas recommandé dans une description d’application pédagogique, et que l’application était susceptible d’être refusée par Apple si le mot y était inclus. Autrement dit, « bisexuality » faisait partie de la liste des mots considérés comme vulgaires au même titre que des insultes ou du spam, par exemple. Une liste qui ne correspondait pas vraiment aux déclarations fréquentes d’Apple prompt à se présenter comme une firme LGBT-alliée. Indignés, les concepteurs de Quist ont donc lancé une pétition sur Change.org pour réclamer le retrait du mot « bisexuality » de la liste des termes prohibés sur l’Apple Store. La nouvelle a été relayée sur les sites LGBT anglophones, dont BiMedia. Après plus de 1100 signatures en moins de vingt-quatre heures, Apple a rétropédalé et résolu le problème (article sur BiMedia).

Voyez aussi les articles à ce sujet sur le site LGBT britannique Pink News et sur Queerty.

Le « problème bi » de Google toujours pas résolu aux Etats-Unis

Souvenez-vous : c’était il y a un an, en août 2012, et j’en parlais ici. Faith Cheltenham, présidente de l’association bi américaine BiNetUSA, publiait dans le Huffington Post américain une tribune dénonçant le fait que les fonctionnalités d’auto-complétion et de recherche instantanée, habituellement actives pour n’importe quel terme qu’on entre dans le moteur de recherche Google, ne fonctionnaient pas avec certains mots à thème LGBT, dont « bisexual » et « bisexuality ». Google avait botté en touche en déclarant qu’il s’agissait d’un simple bug dû aux mécanismes de précaution inclus dans le moteur pour éviter les termes souvent associés à des contenus pornographiques. Un argument moyennement convaincant puisque Google a visiblement su résoudre des « problèmes techniques » autrement plus compliqués. Et indéfendable, puisque ces mots ne sont pas des insultes ou des mots vulgaires en eux-mêmes et n’ont donc pas à être systématiquement bloqués. Google avait en tout cas promis de résoudre le problème. Un premier pas avait été fait en septembre 2012, mais seulement pour les internautes américains (article sur le site bi britannique Bimedia.org). Les internautes britanniques rencontraient toujours le même problème.

Un an plus tard, il s’avère que rien n’a changé. Les membres du projet d’histoire LGBT Quist dénoncent le laxisme et la discrimination persistants de Google dans une nouvelle pétition lancée sur Change.org. La nouvelle a été relayée notamment par Bimedia. Le moins qu’on puisse dire est que quelques signatures en plus ne feront pas de mal, alors n’hésitez pas à aller y jeter un œil !

Bientôt le 23 septembre : la journée de la bisexualité partout dans le monde

DrapeauJourneeBiPetitComme chaque année, la fin du mois de septembre sera marqué par la Journée de la bisexualité (en anglais : Bi Visibility Day, « Journée de la visibilité bi ») qui aura lieu le 23 septembre et sera marqué par divers événements organisés partout dans le monde par les communautés bi. Un site web international en anglais est déjà actif. Pour les accros des réseaux sociaux, il y a aussi une page Facebook et un compte Twitter.Le site se donne pour but, comme chaque année, de lister tous les événements prévus dans le monde à cette occasion. La militante bi britannique Jen Yockney a élaboré et posté sur son blog quelques bannières en anglais pour les pages web (ce serait bien qu’on en fasse encore d’autres en français, d’ailleurs).

Aux États-Unis, c’est l’administration Obama qui se fera remarquer par un acte particulièrement bi-friendly, puisque la Maison blanche a prévu de recevoir des représentants de plusieurs associations bisexuelles nationales ou régionales à l’occasion du 23 septembre. Les discussions porteront notamment sur « les problèmes de santé, le HIV et le sida, la violence au sein des couples, la santé mentale et le harcèlement. » (Sources : Amy Andre sur le Huffington Post anglophone et Aamer Madhani sur USA Today.)

MàJ le 01/09/2013 : En France, l’association parisienne Bi’cause organisera une Bi’causerie (réunion-débat) à l’occasion de la journée. Elle aura lieu le soir à 20h au Centre LGBT Paris-Île-de-France, au 61-63 rue Beaubourg, dans le 3e arrondissement (voyez le site du Centre pour les informations pratiques). La réunion devrait durer jusqu’à 22h environ (mais on part quand on veut). Si vous arrivez après 20h, sonnez pour qu’on vous ouvre !

Actualités | Militantisme | 28.05.2013 - 23 h 07 | 8 COMMENTAIRES
Deux mots sur les « Antigones », la dernière supercherie des réacs pseudo-cools

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EDIT fin mai-début juin pour ajouter d’autres liens vers des articles et pages décortiquant ce « mouvement ».

Il y a quelques jours à peine a émergé un blog WordPress titré « Les Antigones », qui prétend promouvoir un mouvement « apolitique » de femmes « féministes » qui… heu… ben elles sont contre les Femen, mais en dehors de ça on sait pas trop. Oui, elles sont pas super fortiches pour se trouver une démarche autonome, en dehors de taper sur les Femen. Fumeux, mh. Mais attention, elles sont cultivées ! Elles font une référence à une figure mythologique ! à la Grèce antique ! Tout ça ! Et attention attention, elles ont tout compris au monde moderne et donc elles ont un trop super choupi logo trop design !

Hélas pour elles, le Silvius était là et n’a pas apprécié qu’on tente de lui pourrir sa mythologie. Prenez garde, j’ai dégainé Paint.

Au besoin, cliquez sur l’image pour la voir dans sa taille d’origine.Les-Antigones-BanderoleFace à ces « Antigones », j’ai envie de dire : les filles, décoincez-vous, buvez du vin, mangez de la viande crue, décoiffez-vous, remplacez-moi ces toges blanchâtres par des peaux de bêtes fraîchement écorchées, suivez ce transgenre de Dionysos, écartelez tous ces beaufs de Penthées qui essaient de se rincer l’œil en vous épiant du haut de leur pin(e), bref, relisez Les Bacchantes d’Euripide, et faites ce que vous voudrez ! ALLEZ BACCHANTES !

Qu’on s’inquiète de cette énième tentative médiatique ou qu’on s’en amuse, une chose est certaine : il est hors de question de laisser l’extrême-droite ou même les conservateurs faire main basse sur un tel classique de la littérature ou sur les références à la mythologie ou l’Antiquité.

C’est déjà très mauvais pour le pays de voir ses symboles si souvent usurpés par les extrémistes, c’est déjà consternant de voir un épisode historique comme celui de Jeanne d’Arc brandi par des histrions sournois qui n’ont certainement aucune leçon d’histoire à donner (mais beaucoup à recevoir), alors on ne va certainement pas rester les bras croisés pendant que les marketeux réacs s’ingénient à salir nos références culturelles communes en les tirant dans un sens politique qu’ils n’ont pas et ne peuvent même pas avoir (comme je l’ai montré plus haut).

Qu’on nous laisse Antigone tranquille, et stop à l’enfumage !

D’autres informations sur ce « mouvement apolitique » :

« Antigones : ces anti-Femen contre le mariage gay et la « théorie » du genre », sur le Huffington Post, le 27 mai 2013.

« Antigones : piège à connes », sur Moom light, le 27 mai 2013.

« Les Antigones… What Sophocle ? », sur Les Nouvelles News, le 27 mai 2013.

« Les Antigones. Mais pourquoi… ? », sur le blog Maelle & diction, le 28 mai 2013.

« Antigones, l’extrême-droite en robe blanche », article sur Barbieturix, le 29 mai 2013.

« Antigone doit mourir ! » – Les Antigones décryptées, billet sur La Horde, le 1er juin 2013.

Une page Facebook : « Non à la récupération d’Antigone par les réactionnaires », créée le 3 juin.

Pour finir, une blague : la famille Cussédupoulet a un fils, comment l’appellent-ils ? Hémon, bien entendu.

Actualités | Réflexions de fond | 18.05.2013 - 11 h 24 | 0 COMMENTAIRES
Merci la France !

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Hier 17 mai 2013, la loi ouvrant le mariage civil et l’adoption aux couples de même sexe a été promulguée.

Ainsi, depuis hier, en France, tout citoyen ou toute citoyenne peut, dès sa majorité, se marier avec un citoyen ou une citoyenne ayant aussi atteint sa majorité.

Ce droit, nous l’avons toutes et tous, quelle que soit notre orientation sexuelle et sentimentale supposée.

De ce fait, non seulement les personnes qui s’identifient comme homosexuelles ou bisexuelles pourront épouser des conjoints du même sexe au même titre que les personnes s’identifiant comme hétérosexuelles épousent des conjoints de sexe différent,

mais personne ne se trouve enfermée dans une quelconque catégorie, qu’il s’agisse d’hétérosexualité, d’homosexualité, de bisexualité ou de tout autre concept déterminant les goûts et les attirances d’une personne.

Ainsi, tout homme tombant amoureux d’un homme et désirant fonder une famille avec lui, toute femme tombant amoureuse d’une femme et souhaitant fonder une famille avec elle, tous pourront le faire, et cela quelle que soit leur histoire personnelle et leurs relations amoureuses et sexuelles passées.

Si vous vous pensez homosexuel-le et que vous souhaiter épouser votre conjoint-e, c’est désormais possible. Si vous tombez amoureux/se de quelqu’un de l’autre sexe, vous pouvez aussi vous marier et avoir des enfants. Réciproquement, si vous vous pensiez hétérosexuel-le et que vous tombez amoureux/se de quelqu’un du même sexe, vos perspectives d’avenir n’en sont pas bouleversées et la légitimité de votre union sera la même aux yeux de la société civile.

C'est une vieille affiche, mais je la remets parce que j'aime beaucoup cette image.

C’est une vieille affiche, mais je la remets parce que j’aime beaucoup cette image.

Cette loi est un grand progrès pour les droits humains en France. Ce n’est pas tous les jours qu’une loi à la fois aussi simple et aussi puissamment symbolique est adoptée dans notre pays, alors vous me pardonnerez, j’espère, d’élever un peu le ton et d’être solennel et patriotique, pour une fois.

Le débat qui a précédé cette loi a été riche, mais a donné lieu de la part de la frange extrémiste de ses opposants à un déchaînement de violence verbale et physique peu compatible avec les valeurs de notre République. Beaucoup de gens en ont souffert, et je ne parle pas seulement d’homosexuels ou de bisexuels, mais aussi de nombreux citoyens favorables à cette loi d’égalité.

La pire arme de l’intolérance, de l’obscurantisme et de la démesure est sans aucun doute le sillage de consternation et d’effarement dont ils se drapent comme d’un nuage empoisonné face aux gens intellectuellement honnêtes. La Pythie de Delphes, en son temps, disait : rien de trop. Sophocle, dans Œdipe roi, mettait en garde le héros contre l’aveuglement de sa colère par l’intermédiaire du Chœur : « La démesure enfante le tyran ». Des millénaires plus tard, Michel Audiard, dans Les Tontons flingueurs, résume admirablement leur pensée : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

Face aux outrances des réactionnaires extrêmes, face à l’enflure des propos de personnalités politiques irresponsables qui ne sont pas à la hauteur de leurs mandats, il est toujours tentant de céder à l’abattement ou de sombrer dans l’amertume ou le cynisme. Certains, les moins maîtres de leurs passions, cèdent à l’impulsion animale qui consiste à répondre à la violence par la violence et à l’intolérance par l’intolérance, sans se rendre compte qu’en recourant à des procédés pareils pour imposer leurs valeurs, ils les renient eux-mêmes en croyant les défendre.

La meilleure stratégie face aux excès reste la mesure, qui n’est pas la faiblesse. La modération, la persévérance, la discussion argumentée et ferme, le respect des lois et un minimum de réflexion sur les principes qui les fondent, sans oublier la bonne transmission du savoir, voilà ce qui nous fera vaincre les haines et ouvrir les esprits. Dans bien des cas, ce sont les préjugés, l’ignorance ou la paresse intellectuelle qui font le lit de l’intolérance : c’est contre cela qu’il faut lutter, sans jamais réduire la lutte à un affrontement manichéen entre bons et mauvais citoyens. Tout le monde peut comprendre. Avec le temps, j’ai bon espoir que tout le monde comprendra à quel point cette loi est une bonne chose.

Mais avant toute stratégie, ce à quoi il ne faut jamais renoncer, c’est à la confiance et à l’optimisme à propos des Français et de la France. Prendre les gens pour des imbéciles, croire qu’on ne sera pas capable de faire quelque chose, c’est y renoncer avant même d’avoir essayé. On disait il n’y a pas si longtemps qu’impossible n’était pas un mot français. J’aimerais retrouver plus souvent cet état d’esprit dans la société actuelle, au lieu de cette complaisance dans le défaitisme qui ne nous avance à rien et nous entretient dans une mauvaise image de nous-même.

Alors, maintenant que la victoire est là, mettons de côté les péripéties de la lutte, oublions juste un moment tout ce qu’il reste encore à faire, et poussons un cri de joie longtemps attendu, comme l’autre jour  dans le XIVe arrondissement à Paris, après l’adoption définitive du texte à l’Assemblée nationale. YA-HOU ! Pas toujours facile quand on a peu d’occasions de yahouter. Refaisons-le : YAHOUUUUUUU !!!

Le fait est là. Nous l’avons fait ! Notre pays, notre peuple en est capable ! Nous pouvons, quand nous le voulons, être fidèles aux grandes valeurs qui ont fait notre fierté dans l’Histoire, et qui la feront encore, si nous nous en donnons les moyens.

Il n’y a pas d’avenir sans vision de l’avenir, sans volonté de construire une République encore plus républicaine et une société meilleure. Les rêves sont les fondations des réalités de demain, et c’est pour cela que nous avons besoin d’oser espérer, d’oser rêver, d’oser même l’utopie, et d’oser agir pour des causes en apparence perdues d’avance. La politique, loin d’être une sorte de jeu creux ou d’éternelle déception d’un « Tous pourris » simplement faux (car les personalités politiques de bonne volonté existent et agissent autant que les autres), est la condition indispensable à la construction de cette société meilleure.

S’en désintéresser, c’est laisser le champ libre aux forces réactionnaires, c’est laisser le terrain aux extrémistes et aux grandes gueules vaines. Et il est hors de question, en ce qui me concerne, que je laisse ce terrain aux réactionnaires, tout comme il est hors de question que je leur laisse le monopole des symboles de la France, du drapeau français, de Marianne, et de cette devise républicaine à laquelle ils ne comprennent rien. La liberté, l’égalité et la fraternité, c’est maintenant, et c’est en agissant maintenant que nous les assurons pour l’avenir.

Alors, j’ai envie de dire : Marions-nous ! Adoptons ! et… faisons encore de la politique !

Vive la République, vive la France, vive nous les Français (un peu d’autocongratulation ne fait pas de mal ^_^) !

Et surtout, vive la cause des droits humains, vive la lutte pour le bien-être de l’humanité !

NOTE : Si vous n’étiez pas passé-e ici depuis un moment, n’oubliez pas de consulter aussi mes annonces d’événements pour la fin mai, à Paris, Strasbourg et Amiens !

Actualités | 06.04.2013 - 13 h 32 | 5 COMMENTAIRES
Une enquête de SOS Homophobie pour toutes les femmes ayant des relations avec des femmes

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L’association SOS Homophobie vient de lancer un questionnaire en ligne destiné à étudier la visibilité et les discriminations dont sont victimes les femmes ayant des relations avec des femmes. L’enquête concerne donc à la fois les lesbiennes, les femmes bi ou pansexuelles, et plus généralement toute femme ayant (ou ayant eu) une relation avec une femme, quelle que soit la façon dont elle se définit.

Le questionnaire, qui se remplit de façon anonyme, prend environ 15 minutes à compléter et restera en ligne jusqu’au 20 juillet, date de la clôture de l’enquête. Il cherche à déterminer dans quelle mesure les femmes interrogées se sentent à l’aise pour montrer leur attirance et vivre au grand jour leurs relations avec des partenaires de même sexe, et dans quelle mesure elles sont victimes de discriminations (la lesbophobie ou la biphobie orientée contre des femmes bi – si, ça existe, c’est même ça qui a conduit à la création de Bi’cause…).

Pour répondre à cette enquête, c’est par ici, sur le site de SOS Homophobie.

Notons que si les questions elles-mêmes sont très bien pensées et prennent en compte énormément de cas de figure possibles, le titre de l’enquête et les intitulés de quelques questions donnent trop l’impression de ne s’adresser qu’aux lesbiennes à l’exclusion des femmes non monosexuelles. Il est un peu dommage, après avoir déployé un tel travail de réflexion sur le questionnaire lui-même, de l’intituler seulement « Enquête s’adressant aux lesbiennes » alors que ça n’aurait pas fait exploser l’espace disque du site d’allonger un peu le titre en disant « toutes les femmes ayant des relations avec des femmes » ou quelque chose de ce genre. C’est aussi un peu étrange de demander soigneusement leur orientation sexuelle aux personnes interrogées, en laissant une grande liberté, pour ensuite intituler la question suivante « Votre visibilité en tant que lesbienne ». Et si on n’est pas lesbienne, on sent le pâté ?

Bon, d’accord, « femmes ayant des relations avec des femmes » ça peut parfois être un peu long à reprendre dans le cours du questionnaire. Mais dans la masse de bouquins et d’articles écrits sur le genre et/ou la théorie queer, il doit bien exister des abréviations pour ça quelque part, non ? A la limite, définir une abréviation puis l’utiliser dans la suite peut être une solution. Un truc comme « FrF » (« femme ayant des relations avec des femmes ») ou « FraF » (« femme ayant des rapports avec des femmes »). Il me semble avoir croisé quelque part une expression et une abréviation équivalentes à propos des hommes ayant des rapports avec des hommes.

Enfin, quitte à râler un peu à ce sujet dans un champ « Autre (précisez) » quelconque, ce questionnaire reste bien fait et sera de toute façon précieux pour connaître les modes de vie des femmes qui aiment des femmes et les discriminations dont elles sont l’objet.

Actualités | Militantisme | 28.03.2013 - 23 h 31 | 1 COMMENTAIRES
Mariage pour tous : agissons jusqu’au bout !

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Je ne sais pas vous, mais ces temps-ci, je trouve cette pseudo-Manif’ pour tous beaucoup trop remuante. Même s’ils ne sont toujours qu’une poignée, et même si je ne suis pas sûr qu’ils convainquent grand-monde, il faut s’en méfier, parce que leur mini-lobby s’est doté de tous les outils pour générer des nuages de fumée et se faire passer pour plus représentatif qu’il ne l’est. Il y a plus grave : le vote au Sénat n’est pas encore fait et il ne faudrait pas que ce sursaut des réacs fasse échouer le projet si près du but.

Alors, on va se battre jusqu’au bout pour ce projet de loi, oui ou non ?

– Ce que j’ai pour le moment, c’est la dernière pétition en date d’Allout pour soutenir le projet avant son vote au Sénat. A signer et à diffuser autour de vous si ce n’est pas déjà fait.

– Ce que vous pouvez faire aussi, c’est, comme le font en ce moment même les opposants au projet, contacter votre sénateur pour lui manifester votre soutien au projet de loi. Là, c’est sûr qu’on n’a pas encore de site zombifiant comme ce que les anti- ont mis en place, avec un fichage systématique des sénateurs, une interface infantilisante à la Google et des messages non modifiables. Par contre, vous pouvez en profiter pour vous renseigner sur votre sénateur, trouver son site et son adresse mail. Sur le site du Sénat, vous avez une page pour trouver votre sénateur. Vous y trouverez parfois directement son adresse mail. Vous pouvez aussi carrément lui envoyer une lettre à l’adresse du Sénat, c’est expliqué ici. Ça ne prend pas tant de temps que ça, c’est une démarche citoyenne et ça vous apprendra des choses sur ceux qui vous représentent. C’est aussi le seul moyen d’action directe pouvant peser sur le vote.

– Sur les réseaux sociaux, il y a en ce moment un truc qui consiste à ajouter sur son profil (parfois à la place de la photo de profil, parfois en plus) le symbole de l’Human Rights Campaign qui est utilisé en ce moment même aux États-Unis pour soutenir le mariage pour tous auprès de la Cour suprême (voyez sa page Facebook par exemple). Le site www.egalitepourtous.fr/ vous permet de générer une image de profil affichant ce symbole en surimpression sur l’image (une photo, un dessin, ce que vous voulez).

– Par ailleurs, il vaut toujours la peine de relayer des articles comme celui du « Monde » sur « la grande illusion » (qui montre que le mouvement des anti- est beaucoup moins divers et apolitique qu’il ne le prétend, et aussi qu’un tiers des associations ne sont que des coquilles vides), ou les communiqués de l’Inter-LGBT, ou les tribunes et articles du même genre sur lesquels vous pouvez tomber.

L’enfumage du plan comm’ des réactionnaires ne passera pas ! On ne lâche rien !

Actualités | Histoire | 08.11.2012 - 01 h 38 | 4 COMMENTAIRES
Ceci n’est pas une réponse aux propos de S. Dassault sur la Grèce antique

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Pour qu’une réponse soit possible, il faudrait qu’il y ait réellement un propos : il n’y en a pas. Si le ridicule tuait, les paroles de S. Dassault aujourd’hui auraient constitué la plus redoutable arme qu’il ait jamais conçue, cette fois contre lui-même.  Ce ramassis de clichés grossiers, aussitôt entré dans les oreilles de quiconque a un peu étudié l’histoire, a directement rejoint le nanar club des citations de personnalités publiques.

Qui, par ici ou ailleurs, a accordé le moindre crédit à ce tableau pompier que dressait Dassault de la Grèce antique ? Qui ne sait pas que le concept de décadence a cessé d’être considéré comme une notion valide en études historiques depuis plusieurs dizaines d’années ? Qui ignore encore que la sexualité des Grecs d’il y a 2500 ans (au bas mot) n’avait à peu près rien à voir avec celles des sociétés actuelles, et qu’on ne peut parler d’homosexualité, d’hétérosexualité, de bisexualité ou même de sexualité tout court à leur sujet qu’en prenant toutes sortes de précautions de méthode ? Qui, alors, peut encore s’imaginer qu’une comparaison avec la Grèce antique, quand bien même elle serait valide (ce qu’elle n’ait pas : c’est une estropiée, voire une mort-vivante, ce que Dassautl produit de mieux, visiblement), pourrait nous renseigner sur les conséquences possibles de l’ouverture du mariage à tous les couples, de nos jours, en France ?

Non, ce qui va suivre n’est pas une réponse : c’est un sursaut de révolte devant la logorrhée coprologique éructée par ce sinistre individu et colportée par les médias, c’est une volonté de nécessaire rééquilibrage après une pareille marée noire de stupidité dans les dernières 24 heures. Comme disait Sherlock dans l’excellente série télévisée britannique du même nom : « Silence ! Vous faites baisser le QI de toute la rue. »

Alors oui, parlons de la Grèce et de la sexualité des anciens Grecs, puisqu’il est toujours bon de se cultiver. Mais parlons-en en écoutant un spécialiste, Luc Brisson, dans un utilitaire de bonne tenue, le Dictionnaire de l’Antiquité dirigé par Jean Leclant et publié en 2005 aux Presses universitaires de France. C’est parti.

HOMOSEXUALITÉ (Grèce et Rome)

Grèce. – En ce qui concerne la Grèce ancienne, le document le plus complet et le plus éclairant sur tous les aspects de l’homosexualité reste celui d’Aristophane dans le Banquet (191 d – 192 c) de Platon.

Appréhendée en termes de pénétration phallique, la relation entre un homme et une femme ne pose aucun problème pour un mâle adulte, car la femme est mise sur un rang moins élevé que l’homme dans tous les domaines, économique, social et politique, où elle est pratiquement inexistante. De ce point de vue, les problèmes n’apparaissent vraiment qu’avec le mariage, où ils sont tous reliés à l’adultère. En effet, la relation entre un homme et une femme, lorsqu’elle est sanctionnée par le mariage, constitue l’instrument privilégié qui permet à un mâle adulte de transmettre son patrimoine « génétique », économique, social et politique. Comme l’adultère introduit un élément de brouillage dans ce système de transmission, il ne peut qu’être condamné. Il va de soi que le problème se pose en amont, avec les filles nubiles que le chef de famille doit surveiller pour éviter que le brouilage ne se manifeste avant même le mariage.

Aristophane est pratiquement le seul qui, à cette époque, évoque les rapports sexuels entre femmes. La très grande discrétion sur le sujet pourrait être expliquée par les deux raisons suivantes : on se trouve dans un monde où les documents écrits sont produits par les hommes, presque exclusivement, et il est très difficile de trouver une place à ce type de rapports dans un contexte où la sexualité est appréhendée en termes de pénétration phallique.

Les choses se compliquent dans le cas des relations entre hommes, car, avant d’évoquer un certain type d’attachement permanent entre hommes, qui correspondrait à ce que maintenant on qualifierait d’union homosexuelle, il convient de parler de ce que les Grecs de l’époque archaïque et classique appelaient paiderastia, qui obéit à des contraintes d’âge et de représentation sociale tout à fait particulières. Pour faire comprendre l’originalité de ce que l’on appelait paiderastia en Grèce archaïque et classique et qui avait presque le rang d’institution dans les milieux aisés de la société athénienne, il faut évoquer les cinq particularités suivantes :

1/ La paiderastia implique un rapport non pas entre deux adultes mâles, mais entre un adulte et un paîs. De façon conventionnelle, le terme paîs désigne un jeune mâle susceptible de devenir objet de désir sexuel pour un mâle adulte. Mais l’usage de ce terme n’est pas facile à cerner, dans la mesure où il implique une référence à une période de vie mal définie. Par paîs, on désigne un garçon qui se situe dans une classe d’âge qui commence autour de l’âge de la puberté, jusqu’à l’apparition de la première barbe ; entre 12 et 18 ans environ.

2/ L’apparition du duvet sur les joues d’un garçon représente le sommet de son attrait sexuel qui dure jusqu’à l’arrivée de la première barbe. À une époque charnière, un jeune garçon peut dans la relation sexuelle tenir le rôle actif et passif, mais avec des partenaires différents. Un homme fait qui continue de tenir un rôle passif dans une relation homosexuelle est toujours moqué ; ce qui semble avoir été le cas notamment pour Agathon, en dépit de sa célébrité, comme on verra.

3/ Comme elle est limitée à une période de la vie et comme elle n’est pas associée à une inclination pour un individu en particulier, la paiderastia n’est pas exclusive ; on attend des mâles adultes qu’ils se marient, après avoir tenu un rôle passif dans le cadre d’une relation homosexuelle, et alors même qu’ils y tiennent encore un rôle actif. Il n’en reste pas moins que dans le cadre de la paiderastia, l’erastés (l’amant) était souvent un homme relativement jeune, entre vingt et trente ans, qui n’était pas encore marié ou dont l’épouse était très jeune. De plus Aristophane, dans son discours (189 c – 293 d) insiste sur l’existence de rapports très puissants et qui duraient longtemps entre des individus de même sexe ; Agathon et Pausanias en sont de bons exemples.

4/ Même lorsque les relations pédérastiques sont caractérisées par un amour et une tendresse mutuels, une asymétrie émotionnelle et érotique subsiste que les Grecs distinguent en parlant de l’éros de l’amant et de la philia de l’aimé. Cette asymétrie prend sa source dans la division même du « travail sexuel ». Un jeune garçon (paîs), qui n’est pas mû par un désir passionné comme l’est son amant, ne doit donc pas jouer un rôle sexuel actif ; il ne doit pas rechercher l’orgasme en faisant pénétrer son pénis dans un orifice du corps de son amant, auquel cette jouissance est réservée. En ce domaine, il sembe qu’ait été tenue pour particulièrement respectable l’insertion par l’amant de son pénis entre les cuisses du jeune garçon, plutôt que dans son anus ou dans sa bouche, l’acte le plus réprouvé. Cette pratique sexuelle préservait en fait l’intégrité physique de l’aimé ; encore convient-il de reconnaître qu’il s’agissait là d’un comportement public (en acte et en parole) et que rien ne permet de savoir ce qui se passait dans l’intimité, au lit ou ailleurs.

5/ Le mâle le plus âgé est qualifié d’erastés, alors que le plus jeune est appelé son erômenos (le participe présent passif de erân) ou son paidika (un pluriel neutre qui signifie littéralement « ce qui concerne les jeunes garçons »). Le langage amoureux, que l’on trouve dans la littérature grecque d’un certain niveau et chez Platon en particulier reste toujours pudique, mais le lecteur ne doit pas se montrer dupe. Des termes comme hupourgeîn « rendre un service » (Banquet, 184 d) ou comme kharizesthai « accorder une faveur » (Banquet, 182 a, b, d, 183 d, 185 b, 186 b, c, 187 d, 188 c, 218 c, d) doivent être interprétés en un sens fort : le service attendu, la fabeur demandée par le mâle plus âgé équivaut, en fin de compte, à un contact physique menant à une éjaculation, même si, suivant le contexte, un sourire ou un mot agréable peuvent suffire. La société encourageait les entreprises de séduction menées par l’erastés, mais ne tolérait pas celles menées par l’erômenos. Un homme plus âgé, poussé par l’amour, poursuivait de ses avances un plus jeune qui, s’il cédait, était amené à le faire par l’affection, la gratitude et l’admiration, sentiments que regroupe le terme philia ; le plaisir ne devait pas être pris en compte dans son cas.

Il est surprenant de constater que le modèle hiérarchique fondé sur la différence d’âges a gouverné aussi longtemps la qualification de toutes les relations entre mâles en Grèce ancienne. Ce modèle semble avoir perduré depuis l’époque minoenne jusqu’à la fin de l’Empire romain occidental. L’Iliade ne dit pas explicitement qu’Achille et Patrocle entretenaient des relations amoureuses, mais reste assez vague sur le sujet pour que tous les auteurs de l’époque classique puissent affirmer que c’était le cas. Voilà pourquoi on a voulu rattacher la paiderastia à un rituel d’initiation évoqué par Strabon (X, 4, 21).

En dehors de la satisfaction du désir sexuel et de la recherche d’une certaine affection, d’une certaine tendresse, à quoi pouvait bien servir la paiderastia en Grèce ancienne ? Alors que le mariage constitue l’institution privilégiée qui permet à un mâle adulte de transmettre son patrimoine « génétique », économique, social et politique, les relations entre un adulte et un adolescent ne peuvent assurer la transmission que d’un patrimoine économique, social et politique. Il semble en effet que, dans l’Athènes classique, les relations sexuelles entre un adulte et un adolescent aient eu directement ou indirectement un rôle social, l’adulte ayant pour tâche de faciliter l’entrée de cet adolescent dans la société masculine qui dirigeait la cité sur le plan économique et politique. La paiderastia avait donc un rôle social et éducatif. De là découlent toutes ces remarques et tous ces développements sur l’utilité (khreia) de la relation homosexuelle, que l’on trouve chez Platon notamment dans le Phèdre et dans le Banquet.

On notera que la relation du poète Agathon avec Pausanias (deux personnages qui jouent un rôle considérable dans le Banquet de Platon) et qui dure une trentaine d’années est férocement attaquée par Aristophane dans ses Thesmophories. Il est difficile de trouver plus de violence verbale dans l’expression de l’homophobie. L’une des caractéristiques du discours homophobe est la constitution, dans le théâtre et chez les orateurs, du personnage-repoussoir du kinaidos, le « mou passif », par excellence opposé à l’image glorieuse de l’hoplite. En somme, en Grèce ancienne, l’homophobie n’exprime pas le refus d’une relation entre hommes. Elle sanctionne le refus de respecter des règles qui ont pour but dernier le renouvellement de l’espèce et le maintien des bases de la citoyenneté que représentaient la possession d’un domaine et l’obligation d’être soldat.

Rome. – Pas plus qu’en Grèce, l’opposition homosexualité/hétérosexualité n’a cours à Rome, car les pratiques sexuelles entre individus ne sont pas perçues comme un domaine autonome détaché du champ social. Il n’y a pas de la sexualité sans rapport de domination et la nécessité de cette inégalité. À Rome pourtant, un citoyen romain, adulte ou adolescent, devait toujours se garder de tenir dans une relation sexuelle un rôle passif, qui se trouvait donc en toutes circonstances réservé à un non-citoyen. Dans ses Controverses, Sénèque raconte qu’un affranchi auquel on reprochait d’avoir accordé ses faveurs à son maître fut ainsi défendu par son avocat : « La passivité sexuelle [impudicitia] chez un homme libre est un crime, chez un esclave une obligation, chez un affranchi un service. » Plusieurs exemples dans la littérature (voir par exemple le Satiricon de Pétrone) montrent que les maîtres usaient souvent de ce droit et que la conscience sociale acceptait la chose sans trop de problème.

Dans le monde romain, les relations entre femmes donnent lieu à davantage de représentations qu’en Grèce, mais contrairement au discours grec d’avant notre ère elles ne relèvent pas pour autant de l’érotisme : reléguées dans le domaine de l’obscénité, elles ne sont jamais, sous aucune de leurs formes, considérées comme moralement acceptables. De ce fait, le discours romain présente ces relations comme appartenant à une catégorie rare et inédite, très différente des catégories sexuelles par lesquelles les Anciens se représentaient habituellement les rapports érotiques.

=> BROOTEN, B. J., Love, Between Women, Chicago, The Chicago Univ. Press, 1996. – CALAME Cl., L’Éros en Grèce antique, Paris, Belin, 2e éd. 1996. – DOVER K. J., Greek Homosexuality, Londres, Duckworth, 1978 ; trad. fr. S. Saïd, Grenoble, La Pensée sauvage, 1982. – FOUCAULT M., Histoire de la sexualité II, Paris, Gallimard, 1984. – HALPERIN D. M., One Hundred Years of Hoosexuality, New York – Londres, Routledge, 1990. – PATZER H., Die Grieschische Knabenliebe, Wiesbaden, Steiner, 1982. – SERGENT B., L’homosexualité dans la mythologie grecque, Paris, Payot, 1984, repris avec un autre texte in Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens, Paris, Payot, 1996.

Luc BRISSON

Renvois : Banquet (Grèce) ; Éros ; Érotisme (Grèce) ; Sumposion.

Jean Leclant, dir., Dictionnaire de l’Antiquité, Paris, PUF, 2005.

Mise à jour le 11 : à lire aussi sur le sujet, un article de Camille Pollet sur son blog de Rue89 « Échos d’histoire » : « À propos de « décadence » : les Grecs n’étaient ni homos ni hétéros ». (Ce à quoi on pourrait ajouter : ni bisexuels. Si tentant que ça puisse paraître de profiter de l’occasion pour faire de la récupération militante, on ne peut qu’admettre, en toute rigueur, que les vies sexuelles et sentimentales des anciens Grecs n’avaient qu’assez peu de points communs avec ce qu’on appelle aujourd’hui « bisexualité ». Voyez à ce sujet le livre d’Eva Cantarella Selon la nature, l’usage et la loi : la bisexualité dans le monde antique, Paris, La Découverte, 1991, qui parle dans son introduction des précautions à prendre en manipulant ces concepts.)