6223 septembre | 2012 | Le Biplan

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Le Biplan
Bisexualité : actualité, culture et réflexions diverses
Annonces d'événements | 26.09.2012 - 22 h 45 | 0 COMMENTAIRES
[Événements] Cette semaine : événements à Paris et à Lille !

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La Journée de la bisexualité est passée, mais les associations sont actives toute l’année !

Pour les Parisiens et les Franciliens, la prochaine réunion Bi’envenue de Bi’cause aura lieu demain jeudi 27 septembre à partir de 20h au Banana Café, 13 rue de la Ferronnerie, 75001, métro Châtelet-Les Halles. On se réunira comme d’habitude dans la salle du sous-sol. Ces réunions sont faites pour les nouveaux alors n’hésite pas à vous lancer !

Mais surtout, je relaie l’annonce du prochain café-philo organisé par L’Égide, la maison régionale des associations LGBT de Lille, ce vendredi 28 septembre, sur le thème : « Quelle place aujourd’hui pour les bi ? ». Communiqué détaillé ci-dessous.

« L’Égide vous invite à son prochain

« Café-Philo » sur le thème
« Quelle place aujourd’hui pour les Bi ? »
Vendredi 28 septembre à 19h,
à L’Égide, 202 rue Nationale à Lille (entrée rue Colson).
Dès 17h30, venez partager un café !

Que ce soit dans la société ou dans les mouvements revendicatifs, les Bi sont souvent la minorité parmi la minorité.

La plupart du temps les personnes Bi sont mises à l’écart, autant par les hétéros que par les homos, et font l’objet de clichés parfois tenaces : les Bi « sont incapables de se décider », « la bisexualité n’est qu’une phase » ou encore « les personnes bisexuelles sont forcément infidèles ». Elles sont également invisibilisées dans les médias et par la presse spécialisée, même au sein des mouvements LGBT (Lesbienne, Gay, Bi, Trans).

Les « Bi » et leurs revendications sont donc malheureusement mis entre parenthèses. En effet actuellement en France les associations bisexuelles sont sous-représentées, avec, a priori, deux associations à destination des personnes bisexuelles en France (une à Paris et une autre à Lyon). Et sur Lille, quel était le dernier évènement uniquement dédié à la bisexualité ?

À l’occasion de ce « Café-Philo », nous pourrons, par exemple, discuter de la bisexualité, de la place que les personnes bisexuelles ont dans notre société, de pourquoi les mouvements Bi ont tant de mal à naître ? Quels sont leurs combats et revendications ? Et surtout, ce sera l’occasion de passer un grand appel :

Bi, Vous avez droit à la différence !
Osez vous affirmer !
Si vous souhaitez venir partager cet instant avec nous, apporter vos expériences, vos interrogations et opinions, n’hésitez pas à venir à L’Égide à partir de 17h30 pour un café, la discussion commencera vers 19h.

Cette rencontre non communautaire unique en région est ouverte à toutes et à tous, Bi ou non ! Venez échanger avec nous !

N’hésitez pas à nous contacter :
contact@legide.org,
09 50 47 94 66 (prix d’un appel local),
06 61 27 21 95. »

En voilà une bonne idée ! N’hésitez pas à diffuser l’annonce autour de vous ! Vous pouvez aller voir l’annonce sur le site de L’Egide et puis les infos pratiques pour aller au lieu dit vendredi soir. Merci à France Bisexualité Info qui a diffusé le lien sur son blog.

Annonces d'événements | Militantisme | 15.09.2012 - 23 h 29 | 2 COMMENTAIRES
Les événements prévus pour la Journée de la bisexualité 2012

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MISE À JOUR LE 23 SEPTEMBRE : Belle journée de la bisexualité à tou-te-s ! N’oubliez pas d’en parler autour de vous, de remplir et de diffuser le questionnaire en ligne, et, si vous voyez les équipes associatives en action, de leur parler et de les prendre en photo pour qu’on en ait des souvenirs à mettre en ligne ! J’ai ajouté un début de revue de presse dans la section « Internet », des détails sur les événements ailleurs dans le monde, ainsi qu’un communiqué de l’association bi lyonnaise France Bisexualité Info qui regrette de ne pas avoir été davantage associée aux actions de ce week-end malgré ses demandes : j’attire encore une fois l’attention sur cette toute jeune association motivée et énergique, qui relaie d’ailleurs beaucoup d’articles via son blog. Gageons que la coopération entre associations saura s’améliorer d’ici à l’an prochain.

MISE À JOUR LE 22 SEPTEMBRE (3e MàJ) : ajout dans la partie Internet : le comité ILGA Europe, branche européenne de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, a publié vendredi 21 septembre un communiqué de soutien à l’occasion de la Journée de la bisexualité. + Ajout du lieu du Pot de Bi’cause dimanche 23 (réservé aux adhérents et participants à l’enquête bi). + SOS Homophobie PACA a mis en ligne les premières photos des équipes en action avec le questionnaire bi à Marseille, sur l’événement Facebook dédié. Sur Internet, le questionnaire en ligne avait été rempli par 2000 personnes environ samedi 22 au matin : n’hésitez pas à le remplir et à le diffuser !

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La Journée de la bisexualité, le 23 septembre, approche à grands pas ! Le 23 même, mais aussi les jours précédents et suivants, divers événements sont organisés en France et dans le monde à cette occasion. Alors, qu’est-ce qui se prépare, où, comment, par qui, et comment participer ou donner un coup de main ?

Je vais tâcher de regrouper dans ce billet toutes les informations que j’aurai d’ici le 23, ce qui signifie aussi que cette page est susceptible d’être mise à jour au fil du temps. Et si vous avez eu vent de quelque chose qui n’est pas sur cette page, ce serait massivement chou de votre part de me la relayer pour que je l’ajoute !

À Paris

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi) aura lieu une action commune organisée par les associations Bi’Cause, SOS Homophobie, le MAG Jeunes LGBT et Act-Up. Un questionnaire sur la bisexualité, mis au point par ces associations, sera proposé au public dans plusieurs endroits (rues, places, centres commerciaux…) par des équipes de deux ou trois personnes. Exemples d’endroits où vous pourrez les voir en action à Paris : à Beaubourg (centre Pompidou), au Luxembourg, à la Défense, dans les marchés d’Aligre et de Place Monge. Les résultats seront ensuite dépouillés et les premiers résultats seront publiés rapidement. Pour cette action, ces associations recherchent toujours de bonnes volontés, pour s’intégrer aux équipes chargées de faire remplir le questionnaire dans les rues, ou bien pour dépouiller les résultats en fin d’après-midi

Si vous êtes intéressé-e, envoyez un mail à Bi’cause à : association_bicauseAROBASEyahoo.fr

Pour passer par le MAG, l’adresse à utiliser est administrateur04AROBASEmag-paris.fr

– Le dimanche 23 à 18h au centre LGBT Paris-Île-de-France aura lieu un pot organisé par Bi’cause destiné aux adhérents de l’association et aux personnes qui auront participé aux équipes de diffusion du questionnaire. Le lieu est encore à préciser pour le moment.

À Strasbourg

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »). Si ça vous intéresse, contactez les associations concernées via leurs sites web.

– Le groupe bi AmBIvalence, contacté, m’a indiqué qu’un événement était organisé à titre privé le 23 (MàJ : c’est sur leur agenda ici où ils expliquent pourquoi c’est organisé en privé). Je n’ai pas eu de détails, mais, si ça vous intéresse, vous pouvez les contacter via leur site web.

À Besançon

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »).

À Nantes

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »).

En Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le samedi 22 et le dimanche 23 (matin et après-midi), la délégation PACA  de SOS Homophobie souhaite également proposer au public le questionnaire sur la bisexualité (cf. ci-dessus « À Paris »). Je relaie l’appel à bonnes volontés : « Nous souhaitons mettre en place des équipes à Nice, Marseille, Aix, Avignon et Montpellier. Vous pouvez vous manifester par retour de mail en indiquant dans quelle ville vous voulez nous rejoindre. » Si vous êtes intéressé-e, envoyez un mail à sos-pacaAROBASEsos-homophobie.org ou allez sur la page Web de la délégation PACA.

À Marseille

Samedi 22 septembre, rencontre-débat « Comment lutter contre la biphobie » organisée par la délégation PACA de SOS Homophobie à partir de 19h au bar “le WAAW”, 16 rue Pastoret, Marseille 6ème. Je retransmets la suite de l’annonce : « Et toute la soirée, nous rencontrerons et présenterons l‘association SOS homophobie aux nouvelles et nouveaux. Évidemment, touTEs les militantEs et sympathisantEs seront bienvenuEs pour ce débat et cette réunion de rentrée.  » L’événement est annoncé sur le site de la délégation et a aussi une page sur Facebook pour ceux qui y sont. MàJ le 22 : la page Facebook arbore désormais quelques photos des équipes en pleine action avec le questionnaire !

Sur Internet : sites relais et revue de presse

J’ai donné ci-dessus les liens vers les sites des associations organisant des événements IRL. Il faut signaler que le site Internet de Bi’cause, après une petite panne, a changé d’adresse ces derniers jours : il se trouve désormais à l’adresse bicause.webou.net.

Sur Twitter, il y a les comptes des associations françaises, principalement le Twitter de Bi’cause, mais aussi celui de SOS homophobie et de sa délégation en PACA, celui du MAG et celui d’Act Up Paris, ou bien le hashtag général #Bisexualité. Mais ce serait bien de se mettre d’accord sur un hashtag commun propre à l’événement pour en parler, du genre #Bi2012, histoire que chacun retrouve facilement tout ce qui se dit dessus.

Le questionnaire sur la bisexualité peut être rempli en ligne sur cette page du site de SOS Homophobie, et dispose d’un blog Yagg ici. Voyez aussi le communiqué de presse interassociatif pour le lancement du questionnaire. MàJ : le samedi 22 au matin, environ 2000 personnes avaient rempli le questionnaire en ligne. L’information est aussi relayée sur divers sites, dont celui des associations LGBT de Toulouse et Sida Info Service.

Le comité ILGA Europe, branche européenne de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, a publié vendredi 21 septembre un communiqué de soutien à l’occasion de la Journée de la bisexualité.

La presse en ligne parle de la Journée de la bisexualité 2012. La presse LGBT, d’abord : « Des associations interrogent : « Pour vous, la bisexualité, c’est quoi ? » sur tetu.com (article du 20) ; « Journée de la bisexualité » sur Zagay (le 21 septembre). Mais aussi la presse généraliste : l’Indépendant du Midi évoque l’événement à Montpellier (article du 20 septembre).

Synchronisation des associations Paris-province : une organisation à parfaire. Dans un communiqué du 22 septembre, l’association bi lyonnaise France Bisexualité Info regrette de n’avoir pas été assez associée à l’enquête sur la biphobie, malgré de nombreuses prises de contact réalisées avec les associations qui l’organisent. Un couac regrettable, peut-être à mettre au compte de la constitution encore toute récente du site en association (elle a été créée en mars, j’en parlais là), qui fait qu’elle est moins connue que Bi’cause. Rappelons-le : Bi’cause n’est plus la seule association bi en France ! Il y a France Bisexualité Info à Lyon, et le groupe AmBIvalence à Strasbourg (qui a fait le choix de rester pour le moment un groupe informel de fait, sans se constituer en association). Je ne doute pas qu’une meilleure synchronisation entre les actions des associations bi et LGBT sur l’ensemble du territoire ne tardera pas à se mettre en place.

Ailleurs dans le monde

Si vous êtes hors de France ou que vous connaissez des gens qui sont hors de France à ce moment-là, sachez qu’il y a pas mal d’événements organisés un peu partout dans le monde. Le nom anglais de la Journée de la bisexualité utilisé au Royaume-Uni est le « Bi Visibility Day » (la « Journée de la visibilité bisexuelle ») ; aux États-Unis, c’est le « Celebrate Bisexuality Day » (« Journée Célébrez la bisexualité »).

Le site september23bi.org se propose de regrouper les événements organisés à cette occasion. Bon, dans les faits, c’est un site maintenu par le magazine britannique Bi Community News, et ce sont les événements britanniques qui sont le plus détaillés, mais on trouve aussi des événements dans plusieurs autres pays du monde (voyez ci-dessous). Sur les réseaux sociaux, on trouve la page Facebook correspondante Bi Visibility Day et plusieurs événements anglophones, ici ou par exemple.

Au Royaume-Uni, où la communauté bi est nombreuse et active, de très nombreux événements ont été organisés, à Salford, Edimbourg, Londres, Brighton, Birmingham, Bristol, Cardiff, Nottingham, Sheffield, Winchester, Wolverhamption et Manchester.

Au Danemark, les bi de Copenhague se sont retrouvés au siège de LGBT Danmark pour une soirée dîner-DVD autour du film allemand 3 (Tom Tykwer, Allemagne, 2010).

Aux États-Unis, des événements ont été organisés à Princeton, Boston, New York, Los Angeles, Chicago et St-Paul (Minnesota). Outre le site september23bi.org indiqué plus haut, vous trouverez des informations sur le blog de l’association BiNet USA. À Berkeley, les législateurs ont officiellement adopté le 23 septembre comme Bi Visibility Day (articles sur un blog du Los Angeles Times et sur le San Francisco Chronicle) : c’est la première ville du pays à donner une reconnaissance légale à cette journée.

En Australie, la radio Joy FM, diffusée à Melbourne, a accordé un temps d’antenne à des interviews de bi parlant de leur coming out, en association avec l’organisation Bi Alliance.

Et vous ?

Si vous êtes une association, une institution, un média, si vous tenez un blog, si vous êtes Yaggeur ou Yaggeuse, si vous avez un profil sur Facebook, Twitter, etc., qu’allez-vous faire à cette occasion ? Et même si vous n’êtes rien de tout ça, d’ailleurs ? Ça peut être l’occasion d’en parler avec des ami-e-s ou des proches, ou d’organiser une soirée DVD avec un film parlant de bisexualité, ou de faire écouter aux gens des chansons de bi, ou alors, si vous avez la flemme d’être sociable, de rester au chaud et de vous documenter sur le Web… quels sont vos projets ?

Encore une fois, n’hésitez pas à corriger et à compléter les annonces d’événements, je mettrai l’article à jour !

Annonces d'événements | 08.09.2012 - 01 h 00 | 0 COMMENTAIRES
[Événement] Activités de Bi’cause en septembre 2012

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Je transmets le communiqué de l’association bisexuelle parisienne Bi’cause sur ses activités du mois de septembre :

* lundi 10 septembre, 20h, au centre LGBT : Bi’Causerie conviviale de « rentrée », échange autour d’un verre. Nous y évoquerons notamment les dernières nouvelles à propos de la préparation, les 22 et 23 septembre, de la journée internationale de la bisexualité et du questionnaire sur la bisexualité.
* samedi 15 septembre, de 15h à 17h (puis pot de l’amitié), rentrée des associations au centre lgbt ; Bi’Cause y tiendra un stand, c’est une autre occasion pour se rencontrer.
* samedi 22 et dimanche 23 septembre (dans le cadre de la journée internationale de la bisexualité le 23 septembre) : lancement du questionnaire sur la bisexualité mis au point par Bi’Cause, SOS Homophobie, le MAG lgbt Jeunes et Act-Up ; il sera en ligne , mais aussi porté durant ces deux jours, par des « équipes » constituées par les 4 associations, publiquement dans la rue, des centres commerciaux, des parvis etc. Les bonnes volontés sont… bi’envenues !
* dimanche 23 septembre, fin d’après-midi, heure et lieu à préciser : initiative conviviale de fin du week-end.
* lundi 24 septembre, 20h, au centre lgbt : réunion thématique Bi’Causerie avec Philippe Ariño, auteur de plusieurs ouvrages sur les cultures homosexuelles.
* jeudi 27 septembre à partir de 20h au Banana Café : réunion mensuelle de Bi’envenue destinée aux nouveaux.

Pour plus d’informations :

Le site de Bi’cause avec l’agenda
La page Facebook de Bi’cause
Le compte Twitter de Bi’cause

Coulisses | 07.09.2012 - 00 h 41 | 1 COMMENTAIRES
Une page de liens et une adresse mail pour le Biplan

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J’ai ajouté une page de liens

Je dis ça parce que ça ne saute sans doute pas aux yeux dans la barre de menu ci-dessus, mais elle est bel et bien apparue à côté de « Accueil » et de « À propos ». Allez, je vous donne même un lien vers la page de liens directement ici, si vous avez la flemme de hisser le curseur de la souris jusque là haut. Il y a une bonne trentaine de liens vers des blogs et des sites, sur la bisexualité et sur des thèmes LGBTIQ+++, le féminisme et le genre. Dans l’idéal, je posterais bien des billets détaillés pour les présenter, mais je n’ai pas encore eu le temps : ça viendra sûrement, au moins pour une partie d’entre eux, j’espère.

Naturellement, le tout est éminemment complétable à l’aide des indispensables que vous vous scandaliserez de ne pas y avoir trouvé (même si je dois en rester à un nombre raisonnable de liens pour que le tout ne devienne pas illisible).

Le Biplan a désormais sa propre adresse mail

Bon, c’est une adresse hotmail, mais c’est mieux que rien et ça peut être plus pratique que le réseau Yagg parfois. C’est

silvius-biplanBIDULEhotmail.fr

(où BIDULE est à remplacer par @). Si vous avez envie de me signaler une actualité, un site, un bouquin, un film, un jeu, etc. en rapport avec la bisexualité, et que vous ne pouvez ou ne voulez pas passer par les commentaires ou les messages Yagg, c’est par là.

Cette adresse est aussi destinée aux associations bisexuelles et LGBTIQ+++ qui auraient besoin de me contacter régulièrement : allez-y, c’est fait pour !

(Et je croise les doigts pour que tout marche bien.)

Voilà, c’était le mini-billet technique du mois.

Musique | 02.09.2012 - 00 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Chansons de bi !

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(Article dédicacé à A…, accueillante au Mag et une des rares bi du coin au moment où j’y risquai mes pas en tremblant pour la première fois. C’est à elle que j’emprunte l’expression « Chanson de bi ! »)

Aujourd’hui, je vais vous parler de quelques chansons qui abordent le thème de la bisexualité, sans toujours employer ce mot. Naturellement ce ne sera pas exhaustif du tout, ce n’est qu’une petite promenade musicale, qui essaie de varier les genres. Si vous n’en avez pas assez à votre goût en terminant, vous pouvez aller (re)lire mon article sur des films bi où pas mal de films étaient dotés d’une BO intéressante en elle-même.

Le manifeste bi : Ysa Ferrer, « To bi or not to bi »

À tout seigneur, tout honneur : voici LA chanson bi par excellence, pour la bonne raison que j’en connais peu qui soient autant dans le thème (et qui en parlent aussi bien). « To bi or not to bi » est une chanson sortie dans Imaginaire pur, le troisième album d’Ysa Ferrer, sorti en 2008. Je n’y connais rien en genres musicaux, mais Ysa Ferrer, selon Wikipédia, c’est un mélange de pop, de dance et de musique électronique. Ce n’est pas plus que ça mon genre de musique en général, mais ça se laisse écouter, et surtout la chanson vaut largement par ses paroles. C’est bien simple : c’est la première chanson à ce sujet sur laquelle je suis tombé quand je suis devenu bi, et ses paroles ont beaucoup fait à l’époque pour me rassurer sur la normalité et la « vivabilité » de la bisexualité (c’était avant que je parle avec plein de gens et lise plein de bouquins là-dessus, mais il faut un début à tout). Je doute d’avoir été le seul dans ce cas.

Que disent donc ces paroles ? En un mot, c’est un manifeste. Un manifeste bi, et un sacré geste bi-friendly de la part de la chanteuse, qui a d’ailleurs affirmé très clairement son soutien aux bi dans diverses interviews. Au delà du jeu de mots du refrain, la chanson parle de ce que c’est qu’être bi, et est une excellente première explication sur la bisexualité à faire écouter aux gens qui n’y connaissent rien (en plus, la chanson est en français, comme son refrain ne l’indique pas). Au fil des paroles, on découvre une véritable argumentation qui ne déparerait pas dans un manifeste d’association bisexuelle. Extraits choisis :

– « Si je choisis, je perds / la moitié de mes repères / le sens de l’équilibre / l’impression d’être libre » : on ne peut pas mieux dire que les bisexuels ne peuvent justement pas « choisir », que leur bisexualité n’est pas une sorte de luxe ou de perversion raffinée mais une orientation sexuelle et sentimentale à part entière.

– Le refrain, « Laisse-moi vivre ma vie, / Aimer qui j’ai envie, / Je suis comme je suis », etc. est une défense en règle du droit à être bisexuel-le, avec un côté « I am what I am » réjouissant.

– Toujours dans le refrain, remarquez le « pas besoin d’alibi », qui, en plus de fournir une rime hautement idoine, pourfend le cliché du bi comme planqué qui n’oserait pas assumer, et affirme une identité bi.

– « Si l’amour est intense, le sexe n’a plus d’importance » (comprenez : le sexe de la personne à qui on s’intéresse, pas la sexualité, naturellement…), c’est aussi un argument brandi par les militants bi : l’idée selon laquelle les bi sont attirés par des personnes indépendamment de leur sexe ou de leur genre (on n’est pas loin de la pansexualité, d’ailleurs). C’est un argument potentiellement queer, qui fait primer la construction d’identités individuelles sur les normes de genre, et c’est aussi un argument facile à changer en vision spiritualisante ou philosophique de la bisexualité (en gros, on tombe amoureux d’esprits, ou d’âmes si vous voulez, plutôt que de se borner aux limites imposées par les corps).

Contrairement au reste des paroles, ce dernier passage met en avant une certaine conception de la bisexualité, qui n’est pas celle de tous les bi : toute une partie d’entre eux vous dirait au contraire que la dimension « sexuée » compte beaucoup, et qu’ils apprécient, désirent et aiment des choses très différentes chez les hommes et chez les femmes (pour leur corps, mais aussi parfois pour leur façon d’être). Ce sont des visions divergentes du désir et de l’amour qui recoupent des conceptions divergentes du sexe, du genre et de leur importance dans l’identité d’une personne. L’important est de leur faire place à toutes !

Une personne qui connaît un peu les revendications des bi n’a aucun mal à comprendre ces allusions et à apprécier le soutien précieux dont elles témoignent en faveur des communautés bi dans le monde (détail : la chanson a eu droit à un remix en japonais). Mais il y a beaucoup de gens qui ne sont pas dans ce cas, alors j’ai pensé que ce serait utile de montrer en quoi cette chanson n’est pas qu’une façon de surfer sur une mode dans le show-biz, mais relève d’un travail d’écriture honorable et constitue un véritable engagement bi-friendly. Merci Ysa Ferrer !

La chanson sur Youtube

 

Le précurseur bi-friendly : Living Colour, « Bi »

Ce sera plus court ici, parce que c’est un groupe dont je ne connais absolument pas la musique par ailleurs : Living Colour, un groupe de rock américain qui existe de longue date (depuis 1984 selon Wikipédia, quoique avec une histoire mouvementée et un temps d’éclatement, mais justement Wikipédia racontera ça mieux que moi). Ce qui me frappe d’abord dans cette chanson, c’est sa date : 1993 ! C’est la plus ancienne chanson que je connaisse à évoquer la bisexualité nommément, c’est-à-dire en montrant des gens qui s’identifient comme bi et pas seulement en parlant de coucher avec des femmes ou des hommes sans mettre de nom particulier dessus. 1993, c’est déjà pas mal pour les États-Unis où un mouvement spécifiquement bi ne commence vraiment à s’affirmer que vers la fin des années 1980 (et en France, ça tient de l’Antiquité, puisqu’on était en l’an 4 avant Bi’cause et que les bi n’avaient aucune visibilité, du moins à ma connaissance).

L’ambiance de la chanson a un côté « bisexuel chic » précoce : le refrain est « Everybody wants you when you’re bi », il est question de plein de gens couchant avec plein de gens, une partie du refrain se modifie peu à peu de « Looking at the girls and eyeing all the guys » à « Licking all the girls… licking all the guys », et le clip montre naturellement une foule où les regards sont si lourds de sensualité et d’invites érotiques qu’on se demande comment les particules de désir ne forment pas une couche par terre avant la fin des 4’43 » que dure la chanson. Bref, il y a largement de quoi redouter l’usage du thème de la bisexualité comme bon gros prétexte à parler de cul en mettant toutes les combinaisons en même temps.

En plus, ce « everyone wants you when you’re bi » entretient l’idée reçue selon laquelle on aurait forcément moins de mal à trouver des partenaires quand on est attiré par plus de gens, alors que ce n’est pas du tout une conséquence logique valide ; c’est aussi agaçant que le mot de Woody Allen sur les bi qui auraient deux fois plus de chances de trouver quelqu’un le samedi soir…

Et pourtant… il y a de bonnes choses. Le premier couplet à lui seul, en affirmant qu’on peut vraiment s’identifier comme bi, suffit à classer la chanson dans la catégorie bi-friendly :

« People, if they choose you, then they want you to decide
But you’d rather relax, kick back, enjoy the ride
There’s a category if you’re straight or gay
You’re a wild card gambler and you like it both ways »

Et la suite contient quelques invitations à la tolérance bienvenues, comme « Everybody’s messed up with their sexuality » (ben oui, après tout !) ou la fin de couplet « Well a friend of a friend of a friend told me / I need a closet big enough to live in / A closet for the whole world to live in », où l’image du placard à la taille du monde peut se comprendre comme un désir d’abolir la logique du placard ; mais l’image reste ambiguë.

C’est donc une chanson en demi-teinte, qui contient déjà en germe les dérives du traitement du thème dans le show-biz, avec son hypersexualisation systématique de la notion de bisexualité, mais qui, dans le même temps, s’avère déjà agréablement tolérante, surtout à une époque où les mouvements bi s’ébauchaient tout juste.

La chanson sur Youtube

 

Le désir double : The Magnetic Fields, « Underwear »

Ah, les Magnetic Fields de Stephin Merritt… un groupe américain peu connu par chez nous, mais qui mérite tellement de l’être plus ! Alors, là, ça relève de l’indie, et même de l’indie pop ou du synthpop, me souffle Wikipédia (je vous cite tout, les connaisseurs y retrouveront leurs petits). Merritt a créé plusieurs groupes tous plus intéressants les uns que les autres, dont je ne citerai que les Future Bible Heroes et leur chanson « I’m a Vampire », classique mais efficace ; mais les Magnetic Fields forment son principal projet musical.

Ce sont des chansons qu’on pourrait dire « à texte », dont les paroles valent la lecture en elles-mêmes, et d’une grande originalité, tant dans les paroles que dans la musique. Les paroles de Merritt font toujours preuve d’une certaine recherche littéraire  (notez l’allusion francophile présente dans le nom du groupe, qui se réfère au recueil de poèmes surréalistes d’André Breton, Les Champs magnétiques), et il est parfois raillé comme un genre d’intello dépressif sur la scène indie. Personnellement je n’en ai cure, et un type capable d’écrire à la fois des chansons comme « When My Boy Walks Down the Street », « Papa was a Rodeo » ou « Abigail, Belle of Kilronan » et des chansons comme « The Death of Ferdinand de Saussure » , « Let’s Pretend We’re Bunny Rabbits » et « Absolutely Cuckoo » ne peut à mes yeux que mériter le plus grand intérêt.

Je dis tout ça parce que justement « Underwear » est une chanson courte, avec très peu de paroles, et où visiblement Merritt s’amuse bien. Imaginez un air simpliste, un peu façon musique de strip-tease, et les paroles suivantes : « A pretty girl / In her underwear / a pretty girl / In her underwear /If there’s anything better in this world / Who cares ? » Refrain (en français dans le texte) : « La mort / c’est la mort / mais l’amour / c’est l’amour / La mort / C’est seulement la mort / Mais l’amour / C’est l’amour ». Second couplet : « A pretty boy in his underwear / A pretty boy / In his underwear / If there’s a better reason to jump for joy / Who cares ? » Et refrain deux fois.

Pour le coup, ça n’appelle pas d’exégèse interminable : c’est une chanson de bi, puisque celui qui parle, même s’il ne se met pas en avant, exprime ses goûts à la fois pour les femmes et pour les hommes. C’est encore assez peu fréquent pour être remarqué !

Cette chanson, comme toutes les autres de ce groupe que j’ai citées, se trouve dans un gros album que j’aime bien parce que son titre va parler tout seul : « 69 Love Songs ». Pour les avoir toutes écoutées, elles sont d’une belle diversité, dans les tons, les registres, la longueur, les situations abordées, les sentiments exprimés, etc. etc. et Leur qualité d’ensemble est plus qu’honnête, et il y a vraiment de petites merveilles dans le lot. Sur un sujet aussi galvaudé, il fallait le faire.

La chanson sur Youtube

La double attirance à demi mots : Dalida, « Depuis qu’il vient chez nous »

Ah, les bisexuels maléfiques… on pourrait en faire un dictionnaire. Et beaucoup de clichés, aussi : l’homme marié et théoriquement hétéro qui se révèle infidèle et en plus attiré par un autre homme, combien n’en a-t-on pas fait tour à tour un sujet de gorges chaudes et de foudres faciles dans la communauté LGBT ? Et combien d’efforts la culture gay n’a-t-elle pas déployés pour en faire une figure de l’homo refoulé ? Oui mais voilà, ce n’est pas toujours le cas : les doubles attirances existent aussi vraiment. Or, dans la chanson qui nous occupe maintenant, il n’y a ni manichéisme ni catégories plaquées sur les destins individuels. Quel soulagement !

Une femme mariée se rend compte de l’attirance de son mari pour un homme – quel âge a-t-il ? Il pourrait être un jeune homme, ou même un adolescent, d’ailleurs, selon la façon dont on comprend les allusions présentes dans les paroles. Mais l’épouse n’a même pas l’air jalouse. Elle aime profondément son compagnon, elle interroge, elle veut comprendre, on dirait qu’elle pardonne déjà. C’est la femme dont tout homme bi, ou même toute femme bi, qui s’est déjà trouvé-e tourmenté-e par une situation de ce genre, ne peut que rêver… Mais il n’est pas question de mettre un nom sur « ce qui se révèle en toi » et que l’épouse dit avoir « peur de comprendre » ; et il n’est évidemment pas question de prendre le problème à bras le corps, d’évoquer les discussions sur les attirances, sur la fidélité, etc. L’état d’esprit véhiculé par cette chanson, chantée en 1979, n’a pas révolutionnairement avancé depuis le monde des Amitiés particulières de Peyrefitte dans les années 1940, où les personnages n’osent rien nommer de peur de faire exister le désir interdit, ce qui vaudrait condamnation en soi ; mais chez Dalida, il y a la volonté de comprendre en plus, et ce n’est déjà pas mal.

Et surtout, il est clair que Dalida n’a pas pour but de résoudre un problème de société. Il s’agit seulement de faire entrevoir une situation dramatique et d’en tirer tout le pathétique possible, de magnifique façon. C’est une histoire subtile, devinée à demi mots, laissée en suspens et profondément touchante : Dalida dans un grand jour. Sans doute y a-t-il eu depuis d’autres chansons traitant du même thème, peut-être même avec des arguments, des conseils, des réponses ; mais je suis prêt à parier que peu sont aussi subtilement tournées…

La chanson sur Youtube

C’est tout pour ce premier billet consacré à la bisexualité dans la chanson (il y en aura sûrement d’autres). J’espère qu’il vous a permis de creuser un peu plus ces chansons, que vous les ayez déjà connues avant ou que vous les ayez découvertes ici !

EDIT le 3 septembre : Numa Numantius m’indique qu’il avait consacré un article à Dalida sur son blog E.D.H. au mois de mai. Il y revenait sur tout ce qu’elle a signifié pour la communauté LGBT et citait plusieurs chansons, dont « Depuis qu’il vient chez nous ». Si vous voulez aller plus loin sur Dalida, c’est à lire !